ACCUEIL | afrique-du-nord.com

Une autre version de l’Afrique du Nord, North Africa, Les Iles Canaries, le Maroc, l’AlgĂ©rie, la Kabylie, la Tunisie, la Libye, l’Egypte, North Africa, nordafrika, Berbere, Amazigh, Rif, Tamazgha, Souss, Awres, Chaoui, Touareg, Guanche,

Certains journaux arabes ont récemment relaté dans les détails un accrochage qui a mis ‎en prise une étudiante islamiste revêtue d’un niqab, (sorte de tchador) et le vénérable ‎Cheikh d’Al Azhar, en visite à l’une des classes d’université. Ce dernier avait intimé l’ordre à l’étudiante d’enlever son attirail en sa présence en des termes jugés ‎autoritaires et non islamiques par certains. Le Cheikh motiva la décision de son ukase ‎par le fait que le niqab relevait des us et coutumes et non d’un édit religieux. Ce qui ‎est formellement contesté par certains milieux rigoristes, qui crièrent à la trahison, à ‎l’arbitraire, allant jusqu’à contester son autorité en la manière et d’être à la solde du ‎régime en place. Notre vénérable Cheikh dût essuyer les pires calomnies et ne manqua ‎pas de s’attirer les foudres et les ires des fondamentalistes religieux de tous bords, qui ‎l’accusèrent de tous les maux de la société arabo-musulmane.

Cet incident entre ‎l’étudiante et le vĂ©nĂ©rable Cheikh d’Al Azhar a trouvĂ© des Ă©chos mĂŞme dans les ‎medias europĂ©ens, en particulier anglo-saxons, qui ne manquèrent pas de commenter ‎l’évènement en des termes ironiques sinon amusants. DĂ©sormais, nul ne pourrait ‎s’étonner de ce que les choses en soient arrivĂ©es lĂ . On eĂ»t dit que les musulmans ont ‎perdu tout sens de la mesure, lorsqu’ils se sont jurĂ© de se chamailler pour un bout de tissu, qui a pris des proportions exorbitantes. D’or et dĂ©jĂ , cette affaire ne s’est pas ‎limitĂ©e aux pays arabo-musulmans, mais a gagnĂ© aussi les pays europĂ©ens oĂą rĂ©sident ‎une grande communautĂ© musulmane, qui se voit pointĂ©e du doigt Ă  cause de ce qu’on ‎appelle la « question du foulard ».

Tout être raisonnable admettrait volontiers et ‎aisément que l’habit n’est rien d’autre qu’un moyen pour se protéger des éléments et ‎qu’il peut varier d’une région à une autre selon les conditions climatiques du lieu où vit ‎la personne concernée. Un homme se trouvant sous une latitude boréale ne peut s’habiller de la même façon qu’un autre se trouvant sous les tropiques ou l’équateur et ‎encore moins dans un désert.

Mais hélas, en matière de religion, la logique perd tout ‎son sens chez les maximalistes tenant d’une religion donnée ou plutôt de l’interprétation qu’ils en font, lorsqu’ils s’ingénient à trouver dans les textes sacrés et ‎hadiths ce qui réconfortent leur point de vue, quitte à tomber dans l’équivoque. ‎

L’habit, tel que préconisé par la religion, selon le point de vue religieux, au lieu d’être ‎une protection contre les éléments, devient alors un symbole d’appartenance à un ‎courant particulier ou à une secte donnée. Pour certains(es), il est plus que cela, il est ‎devenu la marque qui différencie le croyant ou la croyante des autres. Sont apparus, ‎récemment, dans le paysage national et même à l’étranger, d’étranges attirails, aussi ‎bien féminins que masculins. Des hommes dans les rues des villes européennes qui ‎sont habillés à la pachtoune et des femmes portant des bourqas ou des tchadors avec ‎des lunettes et des gants, en plein été.

Des petites filles qui sont renvoyĂ©es de l’école, ‎parce que leurs parents persistent Ă  vouloir leur porter le foulard dit islamique, ‎évoquant pour cela la libertĂ© du culte. On est parfois amusĂ© par le comportement des ‎adolescentes musulmanes. Combien de fois, n’ai-je pas vu de jeunes filles habillĂ©es Ă  ‎l’europĂ©enne, portant des pantalons jeans serrĂ©s, qui mettent en valeur leurs attributs ‎fĂ©minins, avec une pointe d’élĂ©gance, mais qui se cachent les cheveux avec un foulard dit islamique. Ce qui fait dire Ă  certains non sans vulgaritĂ©, « qu’elles se cachent la tĂŞte ‎et se dĂ©couvrent le c… ». Je laisse cette image Ă  l’apprĂ©ciation du lecteur.

En fait, si ‎l’essence du commandement religieux à la femme est de faire preuve de pudeur, en pratique on assiste au contraire. Et le foulard est là, en signe d’obédience et de ‎soumission, plus par conformisme que par conviction. L’autre extrême est représentée ‎par une importation saoudienne et étrangère à ces contrées. Combien de fois n’ai-je pas vu, en plusieurs endroits, des femmes de tous âges, couvertes de noir de la tête ‎aux pieds (pour ne pas dire de pieds en cap), et avec des gants – sortes de tchador ou ‎khimar que portent les femmes saoudiennes et celles des pays du Golf - et portant des ‎lunettes noires. Pour ces femmes, le vêtement est signe ostentatoire d’appartenance à ‎une secte donné ou à un courant religieux particulier. Il s’agit là d’une affirmation ‎d’une identité religieuse avec la volonté de l’afficher publiquement.

En somme, il s’agit de faire Ă©tat d’une appartenance Ă  une idĂ©ologie bien dĂ©terminĂ©e, « celle des ‎sources anciennes ». Le haĂŻk de nos mères et grand-mères a Ă©tĂ© Ă©vincĂ© par le nouvel ‎habit fĂ©minin oriental plus conforme aux prescriptions religieuses et donc, selon cette vision, plus musulman. Un observateur averti ne manquera pas de relever que les ‎jeunes femmes qui observent ces règles susdites vivent un paradoxe et des ‎contradictions visibles, tiraillĂ©es entre tradition et modernitĂ©.

Un exemple de ‎tiraillement entre tradition et modernité parmi d’autres est celui que l’on observe sur ‎nos plages, durant les journées chaudes d’été, où l’on observe de jeunes femmes patauger dans la mer, portant des vêtements de ville, qui ne sont pas conçus pour la ‎natation. Une fois le corps mouillé, elles ont l’allure des statues grecques sans ‎toutefois, en avoir le charme hellénique. Un spectacle insolite analogue se présente ‎aussi sur les terrains de sport, où les jeunes filles, voulant s’exercer sont obligées de ‎porter un attirail qui entrave ses mouvements corporels, parce qu’il n’est pas conçu ‎pour le sport.

Le poids du contrĂ´le social et la soumission empĂŞchent toute vellĂ©itĂ© de ‎rĂ©flexion et encore moins de rĂ©bellion. Un jour, en mĂ©ditant sur les chamailles au sujet ‎de la tenue vestimentaire des femmes citadines d’aujourd’hui, feu ma grand-mère, qui ‎comme les femmes amazighes de sa gĂ©nĂ©ration, n’avait connu de son temps que misère ‎et privation, me dit philosophiquement que « le mal est fait Ă  l’esprit, qui se dĂ©range et c’est le corps ‎qui en souffre » Sages paroles. ‎

Mimoun

Vous êtes ici : Accueil » Histoire & Civilisation » Origines - Chronologie

La place de l’Anthropobiologie dans l’Ă©tude du peuplement Berbère. Affirmations, contradictions, conclusions

18 mars 2008

Les donnĂ©es issues des recherches archĂ©ologiques en Afrique, au Nord du Sahara, permettent la mise en place d’une chronologie rigoureuse des phases successives de l’occupation humaine. En s’appuyant sur ces travaux, l’anthropobiologie peut-elle nous Ă©clairer, sur l’origine, la nature et l’Ă©volution des populations concernĂ©es, particulièrement les Berbères ? Nous voulons montrer qu’Ă  travers d’apparentes contradictions, la rĂ©ponse est positive. Mais une stratĂ©gie d’ensemble doit ĂŞtre Ă©laborĂ©e par les anthropobiologistes pour amĂ©liorer la cohĂ©rence et la pertinence de leurs rĂ©ponses.

The Anthropobiology’s place in the study of ther Berber’s populating. Affirmations, contradictions, conclusions

Larrouy G.

Centre d’Anthropologie, UMR 8555 CNRS, 39, allĂ©es Jules Guesde, 31000 Toulouse, France.

E-mail : denise@cict.fr

Résumé

Les donnĂ©es issues des recherches archĂ©ologiques en Afrique, au Nord du Sahara, permettent la mise en place d’une chronologie rigoureuse des phases successives de l’occupation humaine. En s’appuyant sur ces travaux, l’anthropobiologie peut-elle nous Ă©clairer, sur l’origine, la nature et l’Ă©volution des populations concernĂ©es, particulièrement les Berbères ? Nous voulons montrer qu’Ă  travers d’apparentes contradictions, la rĂ©ponse est positive. Mais une stratĂ©gie d’ensemble doit ĂŞtre Ă©laborĂ©e par les anthropobiologistes pour amĂ©liorer la cohĂ©rence et la pertinence de leurs rĂ©ponses.

Abstract

The archeological research allows us a chronology of the phasis of the human occupation, in the north of the Africa. Based on these datas, is the anthropobiology able to throws light on the origin, the nature and the evolution of the populations concerned ? With the Berber example we would show that despite apparent contradictions, the answer is positive. But an overall strategy is required from all the anthropobiologists, to improve the coherence and the pertinence of they conclusions.

Introduction

L’anthropologie biologique et spĂ©cialement son versant immunogĂ©nĂ©tique et gĂ©nĂ©tique est-elle en mesure de conforter telle ou telle hypothèse relative Ă  l’origine et (ou) Ă  l’histoire des peuplements ou Ă  l’Ă©volution de telle ou telle de leurs composantes ? Sur quelles amĂ©liorations peut-on compter pour Ă©largir la portĂ©e de nos rĂ©sultats ?

Pour traiter des difficultĂ©s que rencontrent encore les anthropobiologistes dans l’interprĂ©tation des rĂ©sultats qu’ils obtiennent Ă  partir de leurs analyses gĂ©nĂ©tiques, j’ai choisi l’exemple Berbère alors que nous nous trouvons ici Ă  Marrakech, alors aussi qu’une masse considĂ©rable de travaux issus tant des recherches archĂ©ologiques que des analyses anthropologiques leur a Ă©tĂ© consacrĂ©e alors qu’un vaste programme cherche Ă  Ă©tablir les parallèles possibles entre leur histoire biologique et leur langue ; des conclusions qui se veulent dĂ©finitives sont formulĂ©es qui manquent parfois de rĂ©alisme ou d’humilitĂ© et qui sont souvent contradictoires. La mise en perspective des rĂ©sultats anthropologiques concernant les Berbères ne peut se faire qu’après une mise en place de ce que nous apprennent les prĂ©historiens. Nous commencerons par lĂ  et nous nous en tiendrons pour ce versant Ă  l’essentiel, ce qui est dĂ©jĂ  beaucoup. Je tenterai de ne pas manipuler les donnĂ©es de la prĂ©histoire pour les accorder aux vues des anthropologues en gĂ©nĂ©ral, des immunogĂ©nĂ©ticiens et des gĂ©nĂ©ticiens en particulier.

Voyons donc ce que nous savons du passĂ© avant d’en venir aux questions du prĂ©sent et aux Ă©lĂ©ments de rĂ©ponse que peut fournir l’anthropologie biologique. Pour l’avenir et ce que nous devrions faire, j’Ă©mettrai quelques idĂ©es qui peuvent paraĂ®tre irrĂ©alistes et ne pas entraĂ®ner l’adhĂ©sion de tous. Il m’apparaĂ®t cependant souhaitable d’ouvrir ce dĂ©bat.

I - La préhistoire des pays berbères

Comme pour toute la rĂ©gion MĂ©diterranĂ©enne, prĂ©historiens et historiens soulignent en Afrique du Nord la complexitĂ© des mouvements humains, le sens souvent contraire des migrations Ă©voquĂ©es, de l’Est Ă  l’Ouest, du Nord au Sud et vice-versa. Rien n’est encore tranchĂ© nettement entre les hypothèses diffusionnistes qui privilĂ©gient l’extension en tache d’huile des cultures nouvelles et celles qui envisagent la migration, les grands mouvements humains qui submergent les populations prĂ©existantes. Notons cependant ici qu’un changement culturel (souvent perçu seulement Ă  travers un changement de l’outillage) ne signifie pas nĂ©cessairement substitution d’une population par une autre. Des premiers occupants reconnus et parfois cĂ©lèbres du Maghreb subsistent des restes qui en l’Ă©tat de nos techniques se rĂ©vèlent anecdotiques pour les gĂ©nĂ©ticiens car très anciens et trop peu nombreux. Il en est ainsi de :

L’Homo erectus de Ternifine

Ou des "Néandertaliens" de Taforalt

Ou du Djebel Irhoud

Beaucoup plus près de nous (+ 40 000 Ăž + 25 000 dans le Maghreb) les hommes de l’AtĂ©rien nous demeurent pourtant totalement inconnus malgrĂ© quelques restes fragmentaires dĂ©couverts Ă  Taforalt ou dans la rĂ©gion de Tanger. Nous sommes donc incapables pour ce qui concerne ces premières nappes de peuplement, d’en prĂ©ciser l’origine, l’extension comme d’en Ă©valuer le poids biologique dans la constitution des populations Ă  venir. Seuls les archĂ©ologues peuvent nous Ă©clairer sur les deux premiers points. Les cultures de l’AtĂ©rien couvrent une aire gĂ©ographique considĂ©rable mais dont l’extension varie grandement selon les critères typologiques que l’on adopte. Les hommes dispersĂ©s sur ces espaces, devaient malgrĂ© des diffĂ©rences culturelles notĂ©es, relever d’un mĂŞme stade Ă©volutif et donc d’un mĂŞme type. Puis dans le temps, en certains points et pour certains, l’AtĂ©rien pourrait par une lente Ă©volution mener jusqu’aux confins de l’Ă©pipalĂ©olithique et donc de l’IbĂ©ro-Maurusien sans donc que les hommes de l’AtĂ©rien soient remplacĂ©s par des nouveaux venus (venus d’oĂą ? pour exterminer les populations en place ?)

Aux Homo erectus, aux nĂ©andertaliens et aux hommes de l’AtĂ©rien, vont succĂ©der des auteurs bien mieux connus d’une transition qualifiĂ©e d’Ă©pipalĂ©olithique Ă  travers les industries IbĂ©romaurusienne et Capsienne, celle-ci succĂ©dant Ă  celle lĂ . Les gisements Iberomaurusiens sont bien connus au Maroc (dont Taforalt), en AlgĂ©rie, et ils paraissent moins nombreux en Tunisie peut-ĂŞtre submergĂ©s par la remontĂ©e des eaux car il s’agit d’un peuplement de l’extrĂŞme nord du Maghreb, très largement littoral dont les premières traces semblent apparaĂ®tre vers le 16e millĂ©naire avant le prĂ©sent (BP) et qui disparaĂ®t vers le 10e millĂ©naire voire le 8e BP Ă  el Haouita. Pour la première fois dans cette vaste rĂ©gion du Nord-Afrique, une industrie dont l’Ă©volution est bien suivie, bien corrĂ©lĂ©e aux Ă©volutions que connaĂ®t le climat au long de ces millĂ©naires, reconnaĂ®t un auteur Ă©galement identifiĂ© par de nombreux restes bien typĂ©s (près de 500 sujets dans une trentaine de gisements), l’homme de Mechta el Arbi. Des nĂ©cropoles importantes ont Ă©tĂ© Ă©tudiĂ©es par D. Ferembach (Taforalt 1962), par M.C. Chamla (Colummata et Afalou 1970)

L’homme de Mechta et Arbi est plutĂ´t grand (plus de 1,70 m pour les hommes, plus de 1,60 m pour les femmes), le squelette robuste, le crâne aussi. Il est le plus souvent allongĂ©, peut montrer un lophos marquĂ© Ă  la suture des 2 pariĂ©taux, sa capacitĂ© est importante (1600 cm3), l’avulsion des incisives supĂ©rieures mĂ©dianes est constante.

Ce caractère culturel mis Ă  part, on note au fil des millĂ©naires et au plan morphologique de très intĂ©ressantes et importantes Ă©volutions qui doivent ĂŞtre prises en compte dans une des questions dont nous traiterons, l’origine du peuplement berbère.

En fait, au cours des millĂ©naires, on constate selon M.C. Chamla :

· Une gracilisation générale du squelette

· Un changement dans les proportions du crâne qui de l’hyperdolichocĂ©phalie initiale (Afalou) des dĂ©buts de l’Iberomaurusien va devenir brachycĂ©phale (Afalou, Colummata).

Entre les industries IbĂ©romaurusiennes, leurs auteurs et les hommes de l’AtĂ©rien et malgrĂ© ce que nous avons pu dire plus haut, il semble subsister malgrĂ© les recherches les plus rĂ©centes un hiatus complet qui fait qu’Ă©voquer une Ă©volution sur place de nĂ©andertaloĂŻdes comme le supposait Henri Vallois il y a 30 ans, semble bien aventureux (encore que le DabbĂ©en de CyrĂ©naique…) et que l’on doive rechercher pour les hommes de Mechta et Arbi une origine exogène consĂ©quence d’une migration. Dans quel sens ? Quand ? Peut-ĂŞtre depuis l’Est africain, peut-ĂŞtre au Soudan (Tixier) ; peut-ĂŞtre du YĂ©men selon les travaux de Chaabani et al (2001 et 2002). Nous allons tenter d’Ă©voquer les possibles apports de nos mĂ©thodes modernes Ă  la solution de ce problème après avoir mis en place une phase ultĂ©rieure du peuplement palĂ©olithique de l’Afrique du Nord : les Capsiens dont certains ont voulu faire le "type" de l’homme mĂ©diterranĂ©en en Afrique du Nord. Les traces Capsiennes semblent plus frĂ©quentes dans l’intĂ©rieur des terres que sur le littoral. Etroitement limitĂ© au plan gĂ©ographique Ă  la frontière AlgĂ©ro-tunisienne le Capsien typique cĂ´toie un Capsien dit "supĂ©rieur" qui lui est en fait largement contemporain et dĂ©borde vers l’ouest et le sud sans atteindre semble-t-il le Maroc. LĂ  oĂą ils se trouvent, les Capsiens prennent dans le temps le relais des IbĂ©romaurusiens de 10 000 BP Ă  5 500 BP environ et il est intĂ©ressant de noter qu’on retrouve vers l’est en Libye (CyrĂ©naĂŻque) les mĂŞmes industries alors qu’elles paraissent absentes de l’extrĂŞme ouest. Les hommes du Capsien nous sont bien connus et sont grands, plus graciles, moins robustes que les premiers ibĂ©romaurusien avec lesquels ils partagent cependant le trait culturel de l’avulsion dentaire plus ou moins Ă©largie. Ces Capsiens ont parfois Ă©tĂ© retrouvĂ©s dans des escargotières ibĂ©romaurusiennes en compagnie de leurs "prĂ©dĂ©cesseurs". Ceux-ci pourraient donc en fait ĂŞtre leurs contemporains t et relever des mĂŞmes origines.

C’est le moment de remarquer ici et cela n’est pas pour nous surprendre que les industries prĂ©citĂ©es AtĂ©rien y compris, montrent en fait une grande diversitĂ© typologique qui atteint au foisonnement dès l’IbĂ©romaurusien ce qui suppose une Ă©volution buissonnante, des Ă©changes et des acquisitions et aussi sans doute dès l’IbĂ©romaurusien une densitĂ© de population importante dans la zone considĂ©rĂ©e.

Nous sommes loin d’une Ă©volution linĂ©aire tant au plan biologique que culturel, loin sans doute de ces remplacements successifs et brutaux que peuvent suggĂ©rer certains schĂ©mas. La coexistence d’IbĂ©romaurusiens et de Capsiens que nous Ă©voquions semble bien l’illustrer. La question est ainsi clairement posĂ©e de l’origine des Capsiens que l’on qualifie de proto-mĂ©diterranĂ©en. Trois hypothèses essentielles ont pu ĂŞtre formulĂ©es.

1. Evolution sur place des Ibéromaurusien

MalgrĂ© la contemporanĂ©itĂ© entre la fin de l’IbĂ©romaurusien et les dĂ©buts du Capsien, malgrĂ© un certain niveau de coexistence, beaucoup de diffĂ©rences semblent opposer les deux types mais surtout le domaine du Capsien ne se superpose pas totalement en particulier Ă  l’Ouest Ă  l’IbĂ©romaurusien (par contre des Ă©changes gĂ©nĂ©tiques ont pu se produire et semblent mĂŞme probables)

2. Origine européenne (Sicile)

En fait Louis Balout apporte un argument fort Ă  l’encontre de cette hypothèse : le Capsien est une industrie continentale, jamais retrouvĂ©e en bord de mer. Elle ne peut donc venir de la mer. Autre remarque de Gabriel Camps : l’homme du Capsien s’il est mĂ©diterranĂ©en, (on retrouve le mĂŞme type humain sur les 3 continents qui bordent la MĂ©diterranĂ©e) n’est pas plus maritime pour cela.

3. Origine orientale ou sud-orientale du Capsien : c’est la plus vraisemblable

On retrouve en effet en Libye mais aussi au Soudan et jusqu’au Kenya, une industrie semblable. Mais dans ces rĂ©gions, le Capsien ou ses analogues est soit contemporain de celui du Maghreb, soit plus rĂ©cent. Il semble donc logique de rechercher pour origine comme centre de diffusion ou de migration, un foyer plus ancien. Celui-ci semble pouvoir ĂŞtre situĂ© en Palestine dans le Natoufien, mĂŞme si le Natoufien de Palestine apparaĂ®t d’emblĂ©e plus achevĂ© que celui du Maghreb. Il ne nous semble pas impensable que l’essaimage d’une fraction d’une population entraĂ®ne des modifications dans l’industrie en particulier lithique de la fraction migrante, du seul fait des capacitĂ©s des individus migrants ou de la nature diffĂ©rente des matĂ©riaux de base disponibles… (Voir la remarque dĂ©jĂ  faite qu’un trait culturel n’est pas un marqueur populationnel). Illustration du foisonnement de cette pĂ©riode de transition et de renouvellement entre le palĂ©olithique et le nĂ©olithique beaucoup de variantes ont Ă©tĂ© dĂ©crites dans les cultures Ă©pipalĂ©olithiques du Maghreb. Nous ne nous y attarderons pas et nous nous bornerons Ă  constater qu’elles matĂ©rialisent les Ă©volutions en rĂ©seau, chères aux biologistes.

Le nĂ©olithique va voir s’accentuer les Ă©changes culturels et gĂ©nĂ©tiques aussi. Il semble pour l’Afrique du Nord relever de trois grands courants dont certains centrĂ©s sur le Capsien.

4. Les courants africains

Le passage d’une Ă©conomie de prĂ©dation Ă  une Ă©conomie de production se manifeste très tĂ´t dans le Maghreb, mais Ă©videmment très progressif, il n’a laissĂ© Ă  ses dĂ©buts que l’on peut situer vers le 7e millĂ©naire BP, que des traces très fugaces. La nĂ©olithisation semble donc avoir Ă©tĂ© très prĂ©coce dans l’ouest et succĂ©der lentement en direct Ă  l’IbĂ©romaurusien. En fait exceptĂ© la zone centrale de diffusion du Capsien (7500 BP), c’est un nĂ©olithique Tellien donc une transition sans doute issue des IbĂ©romaurusien qui se met en place du 7e au 6e millĂ©naire BP. Au sud-est, Vauffrey a situĂ© un nĂ©olithique de tradition Capsienne un peu plus tardif (depuis le 6e millĂ©naire BP au Sahara nord jusqu’au 4e millĂ©naire BP sur l’est des Hauts-Plateaux). Du Sud-Est encore, diffuse un NĂ©olithique "saharien" prĂ©coce (7e millĂ©naire BP). Nous relèverons qu’Ă  cette pĂ©riode le Sahara n’est pas le dĂ©sert que nous connaissons aujourd’hui mais plutĂ´t un Sahel sub-aride, parcouru de fleuves et parsemĂ© de grands lacs. Il ne constitue pas un obstacle total aux Ă©changes culturels et… gĂ©nĂ©tiques.

5. Les courants européens

Deux sont le fait de voisinages Ă©vidents : la pĂ©ninsule ibĂ©rique Ă  l’Ouest, la Sicile et l’Italie Ă  l’Est, mais les Ă©changes ont sans doute acquis que tardivement de l’importance. Il n’apparaĂ®t pas clairement qu’ils aient jouĂ© un rĂ´le dĂ©clenchant. Enfin la diffusion d’une part importante des acquis du NĂ©olithique oriental demeure un fait majeur au moins au plan culturel.

La prĂ©histoire se termine et l’histoire va se compliquer Ă  l’extrĂŞme pour le nord de l’Afrique, terre riche et convoitĂ©e, qui verra se mĂŞler les cultures et les hommes, le commerce et les conquĂŞtes. Nous achevons donc ici cette très longue mise en place sans laquelle le biologiste ne peut poser des questions pertinentes, Ă©laborer une stratĂ©gie appropriĂ©e pour y rĂ©pondre. L’Ă©tude biologique en particulier gĂ©nĂ©tique de l’humain ne peut mĂ©connaĂ®tre son environnement culturel, son histoire et… sa prĂ©histoire.

II - Le biologiste et les Berbères

Le dĂ©cor qui entoure la mise en place des Berbères est donc plantĂ© par les archĂ©ologues, il nous reste Ă  l’animer par des personnages très actuels que nous allons tenter de dĂ©finir au plan biologique. Voici… selon moi quelques-unes des questions qu’il est lĂ©gitime que nous nous posions et que beaucoup se sont dĂ©jĂ  posĂ©, auxquelles mĂŞmes ils ont apportĂ© des Ă©lĂ©ments de rĂ©ponse que nous allons examiner. J’emploierai dorĂ©navant, pour qualifier les populations, les terme de BerbĂ©rophones et Arabophones pour ne pas prĂ©sumer de l’identitĂ© biologique des sujets parlant tel ou tel langage.

1) Peut-on dessiner les contours d’une originalitĂ© gĂ©nĂ©tique des BerbĂ©rophones ? Sont-ils autre chose qu’une juxtaposition de singularitĂ©s culturelles, sociales et linguistiques ?

2) Si oui, la submersion du Maghreb par les conquĂ©rants arabes a-t-elle Ă©tĂ© surtout un fait culturel ? Dans ce cas on doit retrouver dans une forte proportion d’Arabophones du Maghreb des particularitĂ©s gĂ©nĂ©tiques des BerbĂ©rophones, ce qui illustrerait l’asynchronisme Ă©volutif entre le biologique et les superstructures culturelles.

3) Si oui, peut-on essayer de retracer au plan biologique l’histoire Ă©volutive des Berbères : foyer originel, migrations Ă©ventuelles ? Les rĂ©ponses des Biologistes

1 - Peut-on dessiner les contours d’une originalitĂ© gĂ©nĂ©tique des Berbères ?

De très nombreux travaux ont été consacrés à cette question par des équipes dont le sérieux et la rigueur sont reconnus internationalement. Nous rapportons les résultats issus des analyses les plus récentes et les plus exhaustives.

Les donnĂ©es issues des marqueurs phĂ©notypiques :

En 1997, Bosch et al. rĂ©alisent une Ă©tude des rĂ©sultats fournis par les polymorphismes des marqueurs Ă  dĂ©finition Ă©lectrophorĂ©tique en compilant les donnĂ©es bibliographiques. De cet important travail, il semble ressortir que les Berbèrophones du Nord-Ouest, les Touareg et les Arabophones du Nord-Ouest (Maghreb) se distinguent nettement d’un ensemble "oriental" qui regroupe Arabes Saoudiens, Egyptiens, Libyens et aussi les MĂ©diterranĂ©ens d’Europe. Il ne s’agit pas lĂ  d’un cline Est-Ouest en Afrique, mais il semble bien au contraire y avoir discontinuitĂ©.

ConsidĂ©rant par ailleurs le haut degrĂ© de diffĂ©rentiation gĂ©nĂ©tique des populations les plus marginales (Touareg et Berbèrophones du Sud-AlgĂ©rien, Mauritaniens), ils avancent l’hypothèse d’une grande hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© gĂ©nĂ©tique dans les diffĂ©rents groupes berbĂ©rophones du fait de l’isolement et de la dĂ©rive.

Dans une Ă©tude analogue publiĂ©e en 2002, Harich et al.. utilisant 14 marqueurs (soit 36 allèles dont 32 liĂ©s) nous livrent les rĂ©sultats issus d’une enquĂŞte portant sur 140 berbèrophones du Moyen-Atlas marocain. Ces rĂ©sultats semblent en accord avec ceux de l’Ă©tude prĂ©cĂ©dente la proportion des gènes relevant du profil oriental (Egyptien) remontant un peu, on trouve en effet 53,6 % de gènes dessinant le profil Berbère de l’Ouest. On peut rattacher Ă  ces conclusions celles de Sanchez-Mazas ou de Gomez-Casado qui Ă  partir d’un profil gĂ©nĂ©tique dĂ©fini Ă  travers les système HLA retrouvent le clivage Est-Ouest du Maghreb et l’hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© dĂ©jĂ  signalĂ©e. Parmi les caractĂ©ristiques les plus Ă©videntes pour Harich, on note des frĂ©quences très Ă©levĂ©es pour les haplotypes Rhesus CDE et CdE, pour le Duffy A et pour Pi S, des frĂ©quences très basses pour la PGM 1.2 si on les compare aux autres mĂ©diterranĂ©ens. Ainsi Ă  partir de l’analyse de la rĂ©partition des nombreux polymorphismes "classiques" que matĂ©rialisent ces publications, il semble bien que l’on puisse esquisser pour le Maghreb les contours d’un profil gĂ©nĂ©tique berbère qui surtout pour le Maroc, n’est pas limitĂ© aux BerbĂ©rophones. Mais Ă  partir de ces marqueurs on note aussi une forte hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© des populations rĂ©putĂ©es berbĂ©rophones. En particulier celles qui se retrouvent isolĂ©es en pĂ©riphĂ©rie de l’aire de rĂ©partition paraissent se diffĂ©rencier du fait d’un isolement ancien.

Les apports de la Biologie Moléculaire

Si l’on passe Ă  un autre niveau d’analyse, nous allons pouvoir nous rĂ©fĂ©rer Ă  un très important travail de R. Scozzari et al. paru en 2001, basĂ© sur les polymorphismes du chromosome Y en Europe et dans l’Ouest du Bassin MĂ©diterranĂ©en. 69 Berbèrophones marocains sont inclus dans l’analyse qui porte sur 1127 hommes de l’ouest de la MĂ©diterranĂ©e. Parmi les sites Ă©tudiĂ©s 4 sont multiallĂ©liques, 2 biallĂ©liques. Les mutations portĂ©es par l’Y sont beaucoup plus rares que celles de l’ADN mt et constituent donc des marqueurs de lignĂ©es prĂ©cieux. Or selon ces auteurs, il s’avère que l’haplogroupe 25 de microsatellites portĂ© par ce chromosome doit ĂŞtre divisĂ© en deux sous-types du fait d’une mutation qui semble rĂ©cente (± 1400 ans BP), soit HG 25.1 reprĂ©sentant la forme ancestrale et HG 25.2 la forme dĂ©rivĂ© ; cette forme rĂ©cemment mutĂ©e est retrouvĂ©e chez 71 % des BerbĂ©rophones Ă©tudiĂ©s au Maroc contre seulement 29 % des Arabophones de la mĂŞme rĂ©gion. Les mĂŞmes auteurs nous indiquent que par contre on ne trouve que l’haplogroupe 25.1 vers l’Est, en particulier en Ethiopie. Selon un mĂ©moire rĂ©digĂ© dans notre Ă©quipe par S. Amory (non publiĂ©), il serait Ă©videmment intĂ©ressant de caractĂ©riser ce polymorphisme dans les populations Nord-Africaines depuis Siwa. Ce nouveau polymorphisme peut prĂ©senter un autre intĂ©rĂŞt comme nous le verrons plus loin.

Autre instrument, autre type d’analyse, les polymorphismes haplotypiques des sĂ©quences microsatellites Alu du locus du gène CD4 sur le chromosome 12. Flores et al.. ont publiĂ© en 2000 les rĂ©sultats d’une enquĂŞte portant sur 333 sujets dont 42 Arabophones du Maroc, 91 Berbèrophones Marocains, 32 BerbĂ©rophones de l’Ouest Africain. Ce qui ressort de cette Ă©tude pour la première question que nous avons posĂ©e, c’est le niveau extrĂŞmement bas d’haplotypes Alu 120(+), Alu 95(-) et Alu 100(-) chez les BerbĂ©rophones. Par contre les haplotypes Alu 100(+), 125(+), 130(+), 115(-) et 120(-) sont prĂ©sents dans le Nord-Ouest de l’Afrique (… et dans la PĂ©ninsule IbĂ©rique) mais absents au Moyen-Orient et en Europe. Le polymorphisme des insertions Alu se rĂ©vèle dĂ©cidĂ©ment ĂŞtre un instrument de choix pour l’Ă©tude de la micro diffĂ©renciation des populations … mais il ne permet pas toujours les mĂŞmes conclusions . Dans le domaine mĂ©diterranĂ©en qui nous intĂ©resse, Gonzalez et al. dĂ©jĂ  citĂ©s ont Ă©tudiĂ© le polymorphisme de diverses sĂ©quences Alu chez 1027 sujets relevant de 13 populations de MĂ©diterranĂ©e occidentale parmi lesquelles des Berbèrophones de Marrakech, de Khenifra dans le moyen atlas et des arabophones marocains de Chouala. Ils notent l’intĂ©rĂŞt particulier du polymorphisme Alu de l’intron 1 du gène CD4 et de l’intron 16 du gène ACE (sur le chromosome 17). Contrairement Ă  l’analyse prĂ©cĂ©dente, ils constatent une nette diffĂ©renciation entre les populations ibĂ©riques et les populations d’Afrique du Nord. Ce polymorphisme ibĂ©rique est fort, clivant pour ces systèmes les Basques, des autres populations asturiennes et de la Alpujarra. Au Maroc BerbĂ©rophones et Arabophones se diffĂ©rencient peu mais se dĂ©tachent nettement des autres groupes mĂ©diterranĂ©ens. En 2003, AnglĂ©s et al. analysent les haplogroupes mitochondriaux dans trois populations caucasoĂŻdes comprenant 113 Berbèrophones d’Amizmiz dans le Haut Atlas Marocain. Ils constatent chez ceux-ci une grande variabilitĂ©, indiquant un processus de diffĂ©rentiation très ancien. Certains haplogroupes cependant (L1 et L2) semblant indiquer une relation avec l’Afrique Sub-Saharienne.

Enfin pour en terminer avec cette brève revue bibliographique destinĂ©e Ă  tenter de cerner un profil gĂ©nĂ©tique "Berbère" et donc essayer de rĂ©pondre Ă  la première question, en 2001 Roubinet et al.. publient les rĂ©sultats d’une analyse du polymorphisme des allèles O dans 5 populations dont 39 Berbèrophones d’Amizmiz (toujours Amizmiz et pour cause puisque cet Ă©chantillon a Ă©tĂ© prĂ©levĂ© en collaboration avec nos collègues du laboratoire d’Anthropologie de la FacultĂ© des Sciences Semlalia de Marrakech). L’un des points très intĂ©ressants de cette Ă©tude est la prĂ©sence chez ces Berberophones et chez les Basques de deux allèles rares Ov6 et O03 qui pour l’instant n’ont pas Ă©tĂ© rencontrĂ©s dans les autres populations objet de l’enquĂŞte.

Ainsi arrivĂ© au terme de la lecture des travaux les plus rĂ©cents nous pouvons avancer qu’il existe un profil gĂ©nĂ©tique des habitants de l’Afrique du Nord occidentale ; ce profil semble original a bien des titres par les frĂ©quences retrouvĂ©es Ă  partir de mĂ©thodes très diffĂ©rentes et dessine les contours d’un fond de population du Nord-Ouest Africain encore en grande partie BerbĂ©rophone ; mais nous allons le voir, ces contours s’Ă©largissent Ă  d’autres zones Ă  partir du Nord-Ouest du Maghreb, ce qui paraĂ®t bien ĂŞtre un tĂ©moignage, un jalon d’une occupation peut-ĂŞtre très ancienne.

2 - Submersion culturelle ou inondation gĂ©nĂ©tique ?

La rĂ©ponse Ă  la deuxième question nous a Ă©tĂ© presque totalement fournie par les analyses prĂ©cĂ©dentes. S’il existe bien une variation clinale pour nombre de polymorphismes entre les populations berbĂ©rophones et les populations arabophones occidentales, il n’en demeure pas moins que plusieurs Ă©tudes et en particulier celles de Harich et al. ou de Bosch et al., celles de Chaabani (2001) montrent que le flux gĂ©nique d’origine orientale apparaĂ®t rĂ©duit dans cette zone. Auparavant, en 1994, Cavalli-Sforza et al. publient "History and geography of human genes". A partir d’une Ă©valuation basĂ©e sur la rĂ©partition de 49 allèles, ils estiment la proportion de gènes orientaux ("Libyens") prĂ©sents chez les Arabophones de l’Ouest (Maghreb) Ă  0.346. Ceci signifierait que la population Berbère reprĂ©sente le fond gĂ©nĂ©tique dans lequel les gènes orientaux ont Ă©tĂ© incorporĂ©s, diluĂ©s et que en aucun cas il n’y a eu submersion biologique. Ainsi il semble, dans l’Ă©tat actuel des populations Ă©tudiĂ©es qu’il existe bien une discontinuitĂ© gĂ©nĂ©tique pour certains systèmes entre l’est et l’ouest de l’Afrique du Nord. Cette discontinuitĂ©, si elle se vĂ©rifie, pourrait venir Ă©tayer l’hypothèse d’une implantation très ancienne des populations berbĂ©rophones dans l’ouest africain et souligner aussi leur poids dans la constitution de l’actuel pool gĂ©nique des populations du Maghreb. Nous allons donc pouvoir rĂ©appliquer le terme Berbère aux populations berbĂ©rophones en lui accordant une valeur d’Ă©pithète biologique.

3 - Peut-on retrouver ce profil gĂ©nĂ©tique dans les populations extĂ©rieures Ă  l’Afrique du Nord-Ouest ?

LĂ  les avis diffèrent radicalement selon les auteurs et les marqueurs qu’ils utilisent particulièrement pour ce qui concerne un flux gĂ©nique venu du Nord-Ouest du Maghreb et qui atteindrait la pĂ©ninsule ibĂ©rique.

Les publications prĂ©cĂ©demment citĂ©es de Bosch, et al., celle de Harich et al. par exemple, basĂ©es sur l’Ă©tude des polymorphismes des marqueurs "classiques" immuno-gĂ©nĂ©tiques ou Ă  dĂ©finition Ă©lectrophorĂ©tique concluent Ă  de très faibles affinitĂ©s entre Berbères et Ibères. Cependant Harich tempère cette Ă©valuation dans ses conclusions en rappelant que des travaux basĂ©s sur les polymorphismes HLA ou l’ADN mitochondrial (Merghoub et al.. 1997, Izaabel et al. 1998, Arnaiz-Villena et al. 1999, Gomez-Casado et al. 2000) semblent Ă©voquer un fond commun IbĂ©ro-Berbère. Harich en dĂ©duit que la prĂ©sence d’allèles caractĂ©ristiques des populations ibĂ©riques dans l’Ă©chantillon berbère vient renforcer cette hypothèse d’un fond commun qui doit donc ĂŞtre vĂ©rifiĂ©e avec d’autres marqueurs. Par contre Comas et al. Ă©tudiant le polymorphisme des insertions Alu dans les populations ibĂ©riques et nord-africaines (2003), concluent Ă  l’existence d’une forte barrière gĂ©nĂ©tique Ă  travers le dĂ©troit de Gibraltar. Au contraire, dans leur publication dĂ©jĂ  Ă©voquĂ©e et consacrĂ©e aux variations du chromosome Y dans l’aire mĂ©diterranĂ©enne occidentale, R. Scozzari et al. (2001) pensent que la mutation HG 25.2 survenue rĂ©cemment en Afrique du Nord, et que l’on retrouve dans la pĂ©ninsule ibĂ©rique, a bien diffusĂ© depuis le Maghreb occidental Ă  travers le dĂ©troit de Gibraltar. On retrouve par ailleurs Ă  Pasiego en Navarre, les traces d’une ancienne implantation d’esclaves musulmans historique. Enfin, Flores et al.. analysant la distribution des haplotypes des microsatellites CD4/Alu constatent la prĂ©sence dans la pĂ©ninsule ibĂ©rique de plus d’haplotypes que dans le reste des populations non africaines. Ils concluent que cet important polymorphisme suggère aussi une large participation gĂ©nĂ©tique des populations d’Afrique du Nord depuis les temps historiques et prĂ©historiques. Ainsi selon le ou les marqueurs utilisĂ©s, selon l’importance et le degrĂ© de dĂ©finition des Ă©chantillons de populations analysĂ©s, les conclusions peuvent ĂŞtre diamĂ©tralement opposĂ©es. Ce qui doit nous inciter Ă  la modestie… et Ă  la prudence. Nous devons avant tout en conclure que l’absence d’un caractère dans un Ă©chantillon de population donnĂ© ne permet pas de nier sa parentĂ© avec telle autre population chez laquelle il est prĂ©sent, surtout s’il est rare chez celle-ci. Les chances du tirage au sort, des problèmes particuliers de sĂ©lection ou d’Ă©quilibre interne du gĂ©nome qui nous demeurent largement inconnus, l’effet fondateur, etc… peuvent suffire Ă  expliquer l’absence ou la prĂ©sence… en excès.

4 - Peut-on essayer de retracer au plan biologique l’histoire des Berbères. Retrouver le foyer d’origine, matĂ©rialiser les migrations Ă©ventuelles ?

Nous savons ce que nous dit aujourd’hui l’archĂ©ologie : Peut-ĂŞtre faut-il rechercher dans l’est et jusqu’au Moyen Orient, l’origine des premiers nĂ©olithiques mĂ©diterranĂ©ens. Nous savons aussi ce qu’elle ne peut actuellement nous dire : l’origine et la destinĂ©e des IbĂ©ro-Maurusiens, le poids dĂ©mographique de leurs populations face aux Capsiens, leur devenir dans le monde berbĂ©rophone.Nous savons que personne n’est en mesure de trancher et Jean Guilaine me le rappelait rĂ©cemment entre le modèle diffusionniste et les grandes migrations de NĂ©olithiques venus de l’Est, du Moyen-Orient. Nous savons aussi que des Ă©bauches des rudiments d’agriculture apparaissent tĂ´t dans l’Ouest du Maghreb, hors de la zone Capsienne. Nous savons que jusqu’au IVe millĂ©naire avant notre ère, le Sahara n’Ă©tait pas le dĂ©sert que nous connaissons aujourd’hui, qu’il Ă©tait plus ou moins densĂ©ment habitĂ© et que sa façade atlantique encore plus humide constituait un couloir de communication sans doute frĂ©quentĂ© avec l’Afrique de l’Ouest. HĂ©las, on ne peut pour l’instant fouiller au Sahara. Lorsque cela sera Ă  nouveau possible, soyons sĂ»r que nos connaissances en seront bouleversĂ©es.

Cherchons quelques éléments de réponse pour ce qui concerne les origines dans notre revue bibliographique.

Pour Cavalli-Sforza et al., pour Bosch et al.. (1997), les analyses gĂ©nĂ©tiques semblent indiquer que l’avancĂ©e du nĂ©olithique n’implique pas l’arrivĂ©e d’un flux gĂ©nique aussi massif que nouveau. Ils se rangent plutĂ´t du cĂ´tĂ© du modèle diffusionniste, spĂ©cialement dans le Maghreb. En accord avec d’autres auteurs dont Barbujarri (1994), ils dĂ©couplent l’arrivĂ©e d’une langue afro-asiatique originaire du levant, d’une expansion gĂ©nĂ©tique de mĂŞme origine. Les Berbèrophones de l’ouest pourraient avoir une origine locale plus ancienne. Ils pensent Ă©galement que l’apport de gènes sub-sahariens semble très limitĂ© mais recommandent pour l’Ă©valuer l’utilisation de l’ADN mitochondrial ou du polymorphisme des microsatellites…et ils ont doublement raison car en 1998, Rando et al.. caractĂ©risent un motif d’ADN mitochondrial qui semble prĂ©sent depuis au moins 27 000 ans et qui semble très spĂ©cifique de l’aire gĂ©ographique extrĂŞme ouest africaine, ceci dĂ©montrerait la continuitĂ© de l’occupation humaine dans cette zone ainsi que les Ă©changes continus et anciens entre populations sub-sahariennes et mĂ©diterranĂ©ennes. Enfin en 2001, Brakez et al. toujours Ă  partir de l’ADN montrent chez les Marocains du Sous l’importance des apports sahariens… mais aussi orientaux, ce qui rejoint les hypothèses de Chaabani. De fait Flores et al. en 2000 enfoncent le clou par l’intermĂ©diaire de l’haplotype CD4/Alu 110 (-) qui pourrait marquer lui aussi l’anciennetĂ© très grande de la prĂ©sence d’hommes modernes dans cette rĂ©gion.

De toutes ces considérations, il est permis de dégager quelques lignes directrices.

Dès l’IbĂ©ro-Maurusien, il existait dans le Nord-Ouest de l’Afrique un peuplement d’hommes modernes venus peut-ĂŞtre du Soudan, peut-ĂŞtre de la pĂ©ninsule arabique ou succĂ©dant sur place aux hommes de l’AtĂ©rien et assez analogues Ă  nos cro-magnoĂŻdes pratiquant une activitĂ© de chasse et de cueillette. Progressivement ils "bafouilleront" un peu dans une tentative de protection de certaines productions sauvages intĂ©ressantes pour eux comme J. Guilaine le dĂ©crit pour les vesces par exemple dans l’Ouest europĂ©en. Venant de l’Est est arrivĂ© vers -7000 un nouveau modèle d’Ă©conomie basĂ© sur une agriculture encore rudimentaire et s’accompagnant de certains animaux domestiques comme le mouton. Ceux qui gagnaient vers l’Ouest en apportant ce nouveau mode de subsistance parlaient une langue dont dĂ©rivent les parlers Berbères actuels. Ils n’ont sans doute pas submergĂ© les premiers occupants. Ils ont Ă©tĂ© assimilĂ©s avec ce qu’ils amenaient de progrès avantageux. Leur poids culturel a Ă©tĂ© fort. Mais leur poids gĂ©nĂ©tique dans l’Ă©volution des populations ultĂ©rieures est demeurĂ© faible. Le fractionnement des groupes liĂ© sans doute aux Ă©volutions climatiques, aux guerres et aux invasions successives, aux autres rĂ©volutions culturelles aboutit Ă  la dispersion et aux particularismes que nous connaissons aujourd’hui.

Les BerbĂ©rophones de Siwa sont-ils "conformes" au modèle biologique berbère de l’ouest que nous avons tentĂ© de dessiner Ă  partir des travaux de nos collègues ou bien ne sont-ils que des "buttes tĂ©moins" de l’avancĂ©e vers l’ouest des NĂ©olithiques venus du Moyen-Orient et parlant un proto-Berbère ? Peut-on trouver un point de dĂ©part Ă  cette aventure au Moyen-Orient. Peut-on espĂ©rer travailler sur des restes très anciens lorsque des fouilles pourront reprendre de manière plus systĂ©matique, grâce aux instruments les plus rĂ©cents de la biologie ? Nous devons tous l’espĂ©rer, nombre d’Ă©quipes s’y emploient. En fait une collaboration gĂ©nĂ©rale est nĂ©cessaire, nous allons le voir. Elle implique Ă©videmment nos collègues marocains, une coopĂ©ration accrue avec nos collègues catalans et espagnols, nos collègues italiens particulièrement qualifiĂ©s pour tester les hypothèses touchant aux peuplements libyens et aux apports trans-mĂ©diterranĂ©ens.

III - Une stratĂ©gie pour l’avenir ?

L’exemple Berbère nous donne matière Ă  rĂ©flexion.

S’agissant d’un ensemble de populations aussi fractionnĂ© sur de vastes aires gĂ©ographiques, la mise en perspective critique des rĂ©sultats obtenus par nos laboratoires suppose dans l’idĂ©al qu’un certain nombre de conditions soient rĂ©unies. Nous avons notĂ© l’importance du recours Ă  divers types de marqueurs, les rĂ©sultats pouvant apparaĂ®tre parfois contradictoires selon les systèmes utilisĂ©s. Un certain niveau de coordination des recherches s’avère donc nĂ©cessaire pour que chacun ne fasse pas tout et n’importe quoi sur n’importe quel Ă©chantillon, pour dĂ©boucher sur des conclusions discutables.

Le choix des questions posées

Le choix des populations cibles

Le choix des méthodes à mettre en œuvre sont autant de matières à concertation préalable…

Et qui impliquent de dĂ©finir qui fait quoi !

Car les Ă©chantillons sont prĂ©cieux. Pour pouvoir comparer les rĂ©sultats obtenus sur deux populations diffĂ©rentes, il s’agit bien pour nombre de marqueurs que ce soit la mĂŞme mĂ©thode et les mĂŞmes rĂ©actifs qui soient utilisĂ©s, de prĂ©fĂ©rence par la mĂŞme Ă©quipe. Les linguistes apparaissent maintenant comme essentiels aussi bien au niveau du choix des populations que des questions posĂ©es et de l’Ă©clairage de nos conclusions.

Ces conclusions qui se veulent fĂ©dĂ©ratives ne seraient-elles qu’un rĂŞve ?

 [1]

Colloques du Groupement des Anthropologistes de Langue Française (GALF)

Larrouy, G., 2004, La place de l’Anthropobiologie dans l’Ă©tude du peuplement Berbère. Affirmations, contradictions, conclusions. Antropo, 7, 1-10. www.didac.ehu.es/antropo

[1] Bibliographie

Angles, D., Montiel, R., Nogues, R., Backes, Ch., Larrouy, G., Cherkaoui, M., Malgosa, A., Aluja, MP., 2003, Haplogrupos mitocondriales en tres poblaciones causasoides. Antropologia y Biodiversidad édité par M.P. Aluja, A. Malgosa et R. Noguès (Editions Bellaterra) pp.26-35

Arnaiz-Villena, A., Gomez-Casado, E., Martinez-Laso, J., 2002. Population genetic relatioships between Mediterranean populations determined by HLA allele distribution and his perspective. Tissue Antigens, 60, 111-121

Barbujani, G., 1997. DNA variation and language affinities. Am. J. Hum. Genet., 61, 1011-1014

Bosch, E., Calafell. F., PĂ©rez-Lezaun, A., Comas, D., Mateu, E., Bertranpetit, J., 1997, Population history of North Africa : evidence from classical genetic markers. Human Biology, 69, 295-311

Bosch, E., Calafell,. F., Perez-Lezaun, A., Clarimon J., Comas, D., Mateur, E., Martinez-Arias, R., Morera, B., Brakez, A., Akhayat, O., Sefiani, A., Hariti, G., Cambon-Thomsen, A., Bertranpetit, j. 2000a, Genetic structure of north-west Africa revealed by STR analysis. Eur. J. Hum. Genet., 8, 360-366

Bosch, E., Calafell, F., Perez-Lezaun, A. 2000b, Y chromosome STR haplotypes in four populations from northwest Africa. Int. J. Leg. Med., 114, 36-40

Bosch, E., Calafell, F., Comas D., 2001, High resolution analysis of human Y chromosome variation shows a sharp discontinuité and limited gene flow between north-western Africa and the Iberian peninsula. Am. J. Hum. Genet. 68, 1.019-1.029

Brakez, Z., Bosch, E., Izaabel, H., Akhayat, O., Comas, D., Bertranpetit, J., Calafell, F., 2001, Human mitochondrial DNA sequence variation in the Moroccan population of the Souss area. Ann. Hum. Biol., 28, 295-307

Calafell. F., Bosch, E., Plaza, S., Perez-Lezaun, A., Comas, D., Mateu, E., Martinez-Arias, R., Clarimon, J., Bertranpetit, J., 2003, Historia genetica de las poblaciones del norte de Africa y de la Peninsula Ibérica. Antropologia y Biodiversidad édité par M.P. Aluja, A. Malgosa et R. Noguès (Editions Bellaterra) pp.26-35

Camps, G., 1974, Les civilisations prĂ©historiques de l’Afrique du Nord et du Sahara (Editions Doin)

Camps, G., 1996, Les Berbères (Edisud)

Cavalli-Sforza, L.L., Menozzi, P., Piazza, A., 1994, The history and geographity of human genes (Princeton University Press, New Jersey)

Chaabani, H., Sanchez-Mazas, A., Sallami, S.F., 2001, Genetic differenciation of Yemeni people according to rhesus and Gm polymorphisms. Ann. Genet., 43, 155-162

Chaabani, H., 2002, Gm polymorphism and the evolutionary history of modern humans. Ann. Genet., 45, 197-206

Comas, D., Calafell, F., Plaza, S., Bertranpetit, J., 2003, Polimorfismo de inserciones Alu en poblaciones ibĂ©ricas y norte-africanas : evidencia de una fuerte barrera genetica a traves del estrecho de Gibraltar. Antropologia y Biodiversidad Ă©ditĂ© par M.P. Aluja, A. Malgosa et R. Noguès (Editions Bellaterra)

Esteban, E., Harich, N., Lopez-Alomar, A., Via, M., Bao, M., Gonzalez-Perez, E., Moral, P., 2003, Polimorfismos clasicos en Bereberes del moyen Atlas (Marrueco) : revision de la diversidad genetica en el mediterraneo. Antropologia y Biodiversidad Ă©ditĂ© par M.P. Aluja, A. Malgosa et R. Noguès (Editions Bellaterra)

Flores, C., Maca-Meyer, N., Gonzalez, A.M., Cabrera, V.M., 2000, Northwest african distribution of the CD4/Alu microsatellites haplotypes. America Human Genetics, 64, 321-327

Gomez-Casado, E., Del Moral, P., Martinez Laso, J., Garcia-Gomez A Allende, L., Silverado-Redondo, C., Longas, J., Gonzales-Hevilla, M., Kandil, M., Zamora, J., Arnaiz-Villena, A., 2000, HLA genes in arabic-speaking Moroccans : close relatedness to Berbers and Iberians. Tissue Antigens, 55, 239-249

Guilaine, J., 1994. La mer partagĂ©e la MĂ©diterranĂ©e avant l’Ă©criture 7000-2000 avant JC (Ed. Hachette)

Harich, N., Esteban, E., Chafik, A., Lopez-Alomar, A., Vona, G., Moral, P., 2002, Classical polymorphisms in Berbers from Moyen Atlas (Marocco) : genetics, geography and historical evidence in the mediterranean peoples. Annals of Human Biology 29, 473-487

Merghoub, T., Sanchez-Mazas, A., Tamouza, R., Lu, CY., Bouzid, K., Arjoun, FZ., Labie, D., Lapoumeroulie, C., Elian, J., 1997, Haemoglobin D-Ouled Rabah among the Mozabites a relevant variant to trace the origin of berber-speaking populations. Eur. J. Hum. Genet. 5, 390-396

Rando, J.C., Pinto, F., Gonzales, AM., Hernandez, M., Larruga, JM., Cabrera, VM., Bandelt, HJ., 1998, Mitochondrial DNA analysis of northwest African populations reveals genetic exchanges with European near-eastern and sub Saharan populations. Ann. Hum. Genet. 62, 531-550

Roubinet, F., Kermarrec, N., Despiau, S., Apoil, PA., Dugoujon, JM., 2001, Molecular polymorphism of O alleles in five populations of different ethnic origins. Immunogenetics 53, 95-103

Scozzari, R., Cruciani, F., Pangrazio, A., Santolamazza, P., Malaspina, P., Torroni, A., Sellitto, D., Arredi, B., Destro-Bisol, G., De Stefano, G., Rickards, O., Martinez-Labarga, C., Modiano, D., Biondi, G., Moral, P., Olckers, A., Wallace, DC., Novelletto, A., 1999, Combined use of biallelic and microsatellite Y-chromosome polymorphisms to infer affinities among african populations. American Journal of Human Genetics 65, 929-846

Scozzari, R., Crucianni, F., Pangrazio, A., Santolamazza, P., Vona, G., Moral, P., LatiniV., Varesi, L., Memmi, M., Romano, V., De Leo, G., Gennarelli, M., Jaruleska, J., Villems, R., Parik, J., Macaulav, V., Torroni, A., 2001, Human Y-chromosome variation in the western mediterranean area : implications for the peopling of the region. Human Biology 62, 871-884


Réagir à cet article
Discuter en direct dans les forums

Les commentaires reçus :

  • La place de l’Anthropobiologie dans l’Ă©tude du peuplement Berbère. Affirmations, contradictions, conclusions

    17 juin 2009, par Genseric
  • La place de l’Anthropobiologie dans l’Ă©tude du peuplement Berbère. Affirmations, contradictions, conclusions

    28 mars 2008, par Aksell
    • La place de l’Anthropobiologie dans l’Ă©tude du peuplement Berbère. Affirmations, contradictions, conclusions

      29 mars 2008

<< FORUM | ARCHIVES | ADMIN | CONTACT