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Certains journaux arabes ont récemment relaté dans les détails un accrochage qui a mis ‎en prise une étudiante islamiste revêtue d’un niqab, (sorte de tchador) et le vénérable ‎Cheikh d’Al Azhar, en visite à l’une des classes d’université. Ce dernier avait intimé l’ordre à l’étudiante d’enlever son attirail en sa présence en des termes jugés ‎autoritaires et non islamiques par certains. Le Cheikh motiva la décision de son ukase ‎par le fait que le niqab relevait des us et coutumes et non d’un édit religieux. Ce qui ‎est formellement contesté par certains milieux rigoristes, qui crièrent à la trahison, à ‎l’arbitraire, allant jusqu’à contester son autorité en la manière et d’être à la solde du ‎régime en place. Notre vénérable Cheikh dût essuyer les pires calomnies et ne manqua ‎pas de s’attirer les foudres et les ires des fondamentalistes religieux de tous bords, qui ‎l’accusèrent de tous les maux de la société arabo-musulmane.

Cet incident entre ‎l’étudiante et le vĂ©nĂ©rable Cheikh d’Al Azhar a trouvĂ© des Ă©chos mĂŞme dans les ‎medias europĂ©ens, en particulier anglo-saxons, qui ne manquèrent pas de commenter ‎l’évènement en des termes ironiques sinon amusants. DĂ©sormais, nul ne pourrait ‎s’étonner de ce que les choses en soient arrivĂ©es lĂ . On eĂ»t dit que les musulmans ont ‎perdu tout sens de la mesure, lorsqu’ils se sont jurĂ© de se chamailler pour un bout de tissu, qui a pris des proportions exorbitantes. D’or et dĂ©jĂ , cette affaire ne s’est pas ‎limitĂ©e aux pays arabo-musulmans, mais a gagnĂ© aussi les pays europĂ©ens oĂą rĂ©sident ‎une grande communautĂ© musulmane, qui se voit pointĂ©e du doigt Ă  cause de ce qu’on ‎appelle la « question du foulard ».

Tout être raisonnable admettrait volontiers et ‎aisément que l’habit n’est rien d’autre qu’un moyen pour se protéger des éléments et ‎qu’il peut varier d’une région à une autre selon les conditions climatiques du lieu où vit ‎la personne concernée. Un homme se trouvant sous une latitude boréale ne peut s’habiller de la même façon qu’un autre se trouvant sous les tropiques ou l’équateur et ‎encore moins dans un désert.

Mais hélas, en matière de religion, la logique perd tout ‎son sens chez les maximalistes tenant d’une religion donnée ou plutôt de l’interprétation qu’ils en font, lorsqu’ils s’ingénient à trouver dans les textes sacrés et ‎hadiths ce qui réconfortent leur point de vue, quitte à tomber dans l’équivoque. ‎

L’habit, tel que préconisé par la religion, selon le point de vue religieux, au lieu d’être ‎une protection contre les éléments, devient alors un symbole d’appartenance à un ‎courant particulier ou à une secte donnée. Pour certains(es), il est plus que cela, il est ‎devenu la marque qui différencie le croyant ou la croyante des autres. Sont apparus, ‎récemment, dans le paysage national et même à l’étranger, d’étranges attirails, aussi ‎bien féminins que masculins. Des hommes dans les rues des villes européennes qui ‎sont habillés à la pachtoune et des femmes portant des bourqas ou des tchadors avec ‎des lunettes et des gants, en plein été.

Des petites filles qui sont renvoyĂ©es de l’école, ‎parce que leurs parents persistent Ă  vouloir leur porter le foulard dit islamique, ‎évoquant pour cela la libertĂ© du culte. On est parfois amusĂ© par le comportement des ‎adolescentes musulmanes. Combien de fois, n’ai-je pas vu de jeunes filles habillĂ©es Ă  ‎l’europĂ©enne, portant des pantalons jeans serrĂ©s, qui mettent en valeur leurs attributs ‎fĂ©minins, avec une pointe d’élĂ©gance, mais qui se cachent les cheveux avec un foulard dit islamique. Ce qui fait dire Ă  certains non sans vulgaritĂ©, « qu’elles se cachent la tĂŞte ‎et se dĂ©couvrent le c… ». Je laisse cette image Ă  l’apprĂ©ciation du lecteur.

En fait, si ‎l’essence du commandement religieux à la femme est de faire preuve de pudeur, en pratique on assiste au contraire. Et le foulard est là, en signe d’obédience et de ‎soumission, plus par conformisme que par conviction. L’autre extrême est représentée ‎par une importation saoudienne et étrangère à ces contrées. Combien de fois n’ai-je pas vu, en plusieurs endroits, des femmes de tous âges, couvertes de noir de la tête ‎aux pieds (pour ne pas dire de pieds en cap), et avec des gants – sortes de tchador ou ‎khimar que portent les femmes saoudiennes et celles des pays du Golf - et portant des ‎lunettes noires. Pour ces femmes, le vêtement est signe ostentatoire d’appartenance à ‎une secte donné ou à un courant religieux particulier. Il s’agit là d’une affirmation ‎d’une identité religieuse avec la volonté de l’afficher publiquement.

En somme, il s’agit de faire Ă©tat d’une appartenance Ă  une idĂ©ologie bien dĂ©terminĂ©e, « celle des ‎sources anciennes ». Le haĂŻk de nos mères et grand-mères a Ă©tĂ© Ă©vincĂ© par le nouvel ‎habit fĂ©minin oriental plus conforme aux prescriptions religieuses et donc, selon cette vision, plus musulman. Un observateur averti ne manquera pas de relever que les ‎jeunes femmes qui observent ces règles susdites vivent un paradoxe et des ‎contradictions visibles, tiraillĂ©es entre tradition et modernitĂ©.

Un exemple de ‎tiraillement entre tradition et modernité parmi d’autres est celui que l’on observe sur ‎nos plages, durant les journées chaudes d’été, où l’on observe de jeunes femmes patauger dans la mer, portant des vêtements de ville, qui ne sont pas conçus pour la ‎natation. Une fois le corps mouillé, elles ont l’allure des statues grecques sans ‎toutefois, en avoir le charme hellénique. Un spectacle insolite analogue se présente ‎aussi sur les terrains de sport, où les jeunes filles, voulant s’exercer sont obligées de ‎porter un attirail qui entrave ses mouvements corporels, parce qu’il n’est pas conçu ‎pour le sport.

Le poids du contrĂ´le social et la soumission empĂŞchent toute vellĂ©itĂ© de ‎rĂ©flexion et encore moins de rĂ©bellion. Un jour, en mĂ©ditant sur les chamailles au sujet ‎de la tenue vestimentaire des femmes citadines d’aujourd’hui, feu ma grand-mère, qui ‎comme les femmes amazighes de sa gĂ©nĂ©ration, n’avait connu de son temps que misère ‎et privation, me dit philosophiquement que « le mal est fait Ă  l’esprit, qui se dĂ©range et c’est le corps ‎qui en souffre » Sages paroles. ‎

Mimoun

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Le Wahhabisme : une idĂ©ologie totalitaire

12 mai 2009

Dossier prĂ©parĂ© par : M. Moukhlis

(Journaliste – AGRAW AMAZIGH - MAROC)

Nous publions ci-après un dossier sur l’idĂ©ologie wahhabiste qui constitue une menace planĂ©taire. Nos lecteurs pourront ainsi se faire une idĂ©e et apprĂ©cier Ă  sa juste valeur une doctrine extrĂ©miste criminogène et morbide. Ils pourront ainsi avoir une vision de cette idĂ©ologie qui constitue un rĂ©fĂ©rentiel constant et fondamental pour les arabo-intĂ©gristes. J’ai consultĂ© un nombre important de documents et j’offre aux lecteurs la synthèse de mon travail.

PrĂ©ambule :

Le « wahhabisme », c’est l’idĂ©ologie d’Etat sur laquelle les roitelets du pĂ©trole – les fameux « princes saoudiens » - ont bâti leur pouvoir. C’est la fĂ©odalitĂ© au IIIe millĂ©naire, avec ses jugements ignobles et ses peines de mort sans appel exĂ©cutĂ©es au sabre (dĂ©capitation) ou Ă  coup de cailloux (lapidation). Le wahhabisme, c’est la doctrine qui a inspirĂ© un certain Ussama ben Laden mais aussi les « talibans », le Hams et autres sectes arabo-intĂ©griste. Pour les adeptes de cette topique totalitaire, le « bon musulman », c’est celui qui se soumet Ă  la dictature des chefs wahhabistes, qui appelle au jihad, qui appelle Ă  la destruction de l’Etat d’IsraĂ«l qui considère que les non musulmans sont des mĂ©crĂ©ants qu’il faut Ă©radiquer de la surface de la terre. Les wahhabistes sont des crĂ©atures dĂ©moniaques qui jubilent de joie Ă  chaque attentat terroriste perpĂ©trĂ© contre des innocents, ils aiment voir sauter les trains, les ponts, les hĂ´tels, les restaurants et les Ă©glises. Leurs missions destructrices leur octroient une place assurĂ©e au paradis. Ils sont convaincus qu’ils sont les reprĂ©sentants de Dieu sur terre et ses justiciers. Le wahhabisme ne cesse de se rĂ©pandre, principalement dans les pays pauvres, par le biais de prĂ©tendues « associations culturelles » qui sont financĂ©es par les Saoudiens qui paient aussi des « missionnaires » qui infiltrent les communautĂ©s musulmanes un peu partout dans le monde. Ils financent des Ă©coles coraniques (sous rĂ©serve que l’on y enseigne le wahhabisme) et des mosquĂ©es oĂą leurs imâms viendront jeter le trouble dans les esprits et prĂŞcher la guerre sainte.

Le wahhabisme est indissociable du rĂ©gime saoudien. Il en est le support et la justification. Les « princes » saoudiens ne sont rien sans l’appui des chefs religieux wahhabistes. Inversement, le wahhabisme ne peut se rĂ©pandre qu’avec l’appui financier du clan des Saoud. Et ce gang de bĂ©douins ne doit sa richesse qu’au pĂ©trole et Ă  ceux qui le leur achètent : EuropĂ©ens, Nord-AmĂ©ricains, Africains et Asiatiques. Chaque fois qu’on achète un litre d’essence d’origine saoudien, on finance indirectement les « fous d’Allah » et autres criminels du mĂŞme acabit qui bĂ©nĂ©ficient de l’appui des wahhabites. Le wahhabisme est grĂ©gaire, sauvage et barbare. Ses adeptes sont des crĂ©atures misogynes, anthropophobes et xĂ©nophobes. La femme pour eux est un esclave créé par le bon Dieu pour assouvir les fantasmes des hommes, elle doit ĂŞtre voilĂ©e car elle est l’incarnation de la tentation diabolique. Le sport doit ĂŞtre banni et la tĂ©lĂ©vision aussi. Les hommes du XXIème siècle doivent vivre comme vivaient les Arabes il y a 14 siècles.

De l’origine

Le « wahhabisme » est une doctrine prĂ´nĂ©e par les adeptes d’une secte qui musulmane, très dangereuse, qui tire son nom de celui qui fut son fondateur, un certain Muhammad Abd al Wahhâb, un prĂ©tendu « rĂ©novateur » de l’islam qui vĂ©cut au XVIIIe siècle. Elle a imposĂ©e ses principes archaĂŻques dans la majeure partie de l’Arabie dès le dĂ©but du XIXe siècle. Mais au dĂ©but du XXe siècle, son influence s’est peu Ă  peu restreinte Ă  la petite rĂ©publique du Nedj dont la capitale est Riyad. C’est cette petite rĂ©publique qui deviendra, par la suite, le royaume d’Arabie saoudite (par fusion du Nedj et du Hedjaz ). Chez les wahhabistes, les « docteurs de la foi et de la doctrine » sont appelĂ©s «  oulĂ©mas ». Ils correspondent aux « mollahs » des Iraniens. Ils sont consultĂ©s par les « cadi » (agents de l’autoritĂ© lĂ©gale). On notera, Ă  ce propos, que les avis Ă©mis par les « docteurs de la foi » n’avaient pas de valeur contraignante jusqu’au XIe siècle de notre ère. C’est Ă  cette Ă©poque que les Turcs seljoukides s’emparent de Bagdad et contraignent le calife abbasside Ă  leur attribuer le titre de sultan. Les « docteurs de la foi » en profitèrent pour rĂ©clamer (et obtenir) le droit d’ĂŞtre seuls dĂ©positaires de la loi. Les Ottomans rĂ©organisèrent l’ensemble des autoritĂ©s religieuses sur cette base en Ă©tablissant une hiĂ©rarchie de « muftis », juristes Ă  qui l’on demandait des avis et qui promulguaient les « fatwa » après avoir consultĂ© les « docteurs ». Cette structure juridico religieuse fut abolie en 1924 mais subsiste dans de nombreux pays musulmans, officiellement (Arabie, Iran,…) ou officieusement (Pakistan…).

Le fondateur de la dynastie des Saoud fut Mohammed ibn Saoud (nĂ© vers 1705, mort en 1785). Simple chef local (de la ville de Dariya), il fut influencĂ© par Wahhâb dont il propagera la doctrine intĂ©griste et belliqueuse. Il fut Ă  la fois le gendre et le chef de guerre de Wahhâb. Après sa mort, le wahhabisme se replia sur lui-mĂŞme et ne refera parler de lui qu’en 1902, lorsque El Wahhâb Abd-al-Aziz Inb Saoud dĂ©crĂ©ta la lutte pour la protection du wahhabisme et contre l’influence turque. Ibn Saoud parvint alors Ă  Ă©tendre son influence sur les autres rĂ©gions de la pĂ©ninsule arabique. Il s’empara de La Mecque en octobre 1924 et chassa le roi Hussein du royaume du Hedjaz (avec l’appui des Britanniques). Puis il obligea le roi Ali, successeur de Hussein Ă  cĂ©der Djedda, la seule ville qu’il contrĂ´lait encore. Abd-al-Aziz (Abdul Aziz) Ibn Saoud se fera couronner roi d’Arabie Ă  La Mecque en 1926. Grâce Ă  l’exploitation des richesses de son sous-sol, le roi acquit une fabuleuse richesse. Il mourut en 1953.

Un « petit roi » si gentil !

Abdul Aziz Ibn SĂ©oud aimait la guerre par-dessus tout. Un jour, alors qu’il montrait son sabre le plus prĂ©cieux Ă  l’un de ses visiteurs, il dĂ©clara : « Ce sabre a abattu l’un de mes plus redoutables rivaux. Je l’ai tout d’abord blessĂ© Ă  la jambe pour le mettre hors de combat. Puis je l’ai frappĂ© au cou. Sa tĂŞte est tombĂ©e sur le cĂ´tĂ© et son sang s’est mis Ă  jaillir comme d’une fontaine. Le troisième coup a Ă©tĂ© portĂ© Ă  la poitrine : j’ai vu son cĹ“ur coupĂ© en deux, palpitant. Cela a Ă©tĂ© un moment Ă©trange de fĂ©licitĂ©. J’ai embrassĂ© mon sabre » ! !  ! Tel est le « lyrisme arabe » ! Tel fut le fondateur de la dynastie des SĂ©oud !

Abdul Aziz Ă©tait un assassin Ă  la mode wahhabite, cruel et sans pitiĂ©, jouissant de la mort dans ce qu’elle peut avoir de plus horrible. Ses successeurs ne valent guère mieux que lui. Le premier roi d’Arabie saoudite Ă©tait bien sĂ»r un grand chasseur qui poursuivait sans relâche les gazelles mais aussi les pucelles. C’est toutefois un Anglais qui sera Ă  l’origine de la fortune des SĂ©oud en servant d’entremetteur entre le nouveau royaume et des prospecteurs au service des compagnies pĂ©trolières amĂ©ricaines. Il s’appelait Harry St John Philby et son fils se rendra tristement cĂ©lèbre pour avoir, des annĂ©es durant, trahi la Grande-Bretagne au profit de l’URSS.

Au dĂ©but de 1931, les premières rencontres furent organisĂ©es entre Abdul Aziz (ou ses fils ou ses ministres) et les reprĂ©sentants des compagnies amĂ©ricaines, parmi lesquels Karl Twitchell et l’avocat Lloyd Hamilton (de la Standard Oil of California ou Socal). C’est alors que l’Irak Petroleum Company (sociĂ©tĂ© britannique malgrĂ© son nom) tentera de contrecarrer l’offensive US en Arabie. Mais c’Ă©tait sans compter sur le double jeu de Philby et le poids financiers des AmĂ©ricains. Le 29 mai 1933, Abdullah Suleiman (ministre des finances d’Abdul Aziz) et Lloyd Hamilton signèrent l’acte de concession qui allait inonder le golfe persique de capitaux. La Socal obtint le droit exclusif de prospection en Ă©change de 170.000 dollars, payĂ©s en or malgrĂ© la rĂ©glementation amĂ©ricaine de l’Ă©poque.

C’est la dĂ©couverte d’immenses rĂ©serves de pĂ©trole dans le sous-sol de l’Arabie qui permettra Ă  la toute nouvelle dynastie des Saoud d’asseoir son pouvoir absolutiste et thĂ©ocratique. Elle permit aussi aux Saoud de financer la propagande en faveur du wahhabisme, religion officielle du rĂ©gime. Le but avouĂ© des Saoud est, en effet, d’imposer le wahhabisme Ă  l’ensemble des nations musulmanes et mĂŞme au monde entier. Le rĂ©gime saoudien doit donc ĂŞtre regardĂ© comme extrĂŞmement dangereux pour la paix dans le monde. Belliqueux et conquĂ©rant, le wahhabisme est une doctrine archi-conservatrice et rĂ©solument passĂ©iste qui vise Ă  maintenir les masses populaires dans l’ignorance des rĂ©alitĂ©s scientifiques et philosophiques. C’est le wahhabisme qui a inspirĂ© les mĂ©thodes mises en Ĺ“uvre par les talibans. C’est la doctrine qu’enseignent les disciples d’Ussama ben Laden.

Notons encore que le rĂ©gime saoudien n’a pu se dĂ©velopper qu’avec l’appui des nations occidentales, essentiellement les Etats-Unis dont les prĂ©sidents, depuis Franklin Roosevelt, se sont toujours posĂ©s en «  protecteurs » des despotes de Ryad. John-Fitzgerald Kennedy n’avait-il pas dĂ©clarĂ© un jour que l’ Arabie saoudite Ă©tait… le 51 e Ă©tat amĂ©ricain ? C’est d’ailleurs la prĂ©sence des troupes amĂ©ricaines sur le sol saoudien qui a servi de prĂ©texte Ă  ben Laden pour appeler Ă  la guerre sainte contre les Etats-Unis et leurs alliĂ©s. Pour les dirigeants wahhabites, la totalitĂ© du territoire saoudien doit ĂŞtre regardĂ© comme une mosquĂ©e et ne peut, de ce fait accueillir des « infidèles » et des « mĂ©crĂ©ants ».

Sur le plan historique, le clan des Saoud avait constituĂ© un petit royaume thĂ©ocratique dès 1792 dans son fief du Nedj. Mais, Ă  la fin du XIXe siècle, ils sont destituĂ©s et doivent s’exiler au Koweit. C’est de lĂ  qu’Abd al-Aziz ibn Saoud va entreprendre de reconquĂ©rir le pouvoir. Il y parviendra par paliers, de 1904 Ă  1932, avec l’appui des chefs wahhabites et des occidentaux. Son fils Saoud lui a succĂ©dĂ© en 1953 puis il confère ses pouvoirs Ă  son frère Fayçal pour les lui retirer et le rappeler Ă  nouveau au pouvoir en 1962, lorsque Ă©clate la rĂ©volution yĂ©mĂ©nite. Saoud soutient d’abord les royalistes du YĂ©men, puis, toujours aussi versatile, se rallie aux rĂ©publicains. C’est alors la rupture dĂ©finitive avec Fayçal qui se fait proclamer roi le 1 er novembre 1964. Ennemi irrĂ©ductible du peuple Juif (donc d’IsraĂ«l), Fayçal obtient de Nasser qu’il retire ses troupes du YĂ©men. Le 25 mars 1975, il est assassinĂ© par un homme qui sera dĂ©clarĂ© « dĂ©ment ». Khaled, frère de Fayçal , va accĂ©der au pouvoir mais sous le contrĂ´le de son demi-frère - l’Ă©mir Fadh ben Abd el-Aziz - l’ « homme fort du rĂ©gime » qui ne tardera pas, « coutume » oblige, Ă  renverser le souverain en titre…

La wahhabisation du monde

Le wahhabisme ne peut guère s’implanter durablement que dans des pays Ă  très faible niveau d’alphabĂ©tisation. Et nous savons que les intĂ©gristes radicaux (comme le furent les « taliban » ou « zĂ©lĂ©s croyants ») interdisent toute autre forme d’Ă©ducation que celle qui dĂ©coule de l’enseignement du Coran. Ils craignent la vĂ©ritable connaissance qui ne peut que mettre en Ă©vidence les incohĂ©rences de leur doctrine et des règles sociopolitiques qui en dĂ©coulent. C’est la raison pour laquelle le Coran doit ĂŞtre lu dans sa version arabe, y compris par des peuples qui ne comprennent pas cette langue ! Notre pays (le Maroc) a Ă©tĂ© wahhabisĂ© avec la complicitĂ© des congrĂ©gations politiques arabistes. Nos programmes scolaires enseignent Ă  nos enfants la haine de l’Etat d’IsraĂ«l, le statut infĂ©rieur de la femme, la sacralitĂ© de l’arabe et des Arabes, le racisme et la xĂ©nophobie.

Pour les wahhabistes, la politique est indissociable de la religion. L’Etat ne peut donc se concevoir que dans le cadre du wahhabisme, ce qui interdit toute forme de laĂŻcitĂ©. Notons encore que l’ Arabie saoudite vient en tĂŞte de liste de l’ONU pour l’« aide au dĂ©veloppement ». Elle y consacre, en effet, plus de 3% de son PIB (contre 0,25% pour les USA et moins de 1 % pour la plupart des pays europĂ©ens). Mais il faut savoir que cette aide consiste, de façon quasi exclusive, dans une forme particulièrement insidieuse de prosĂ©lytisme visant Ă  promouvoir le wahhabisme. Curieuse façon de concevoir l’aide au dĂ©veloppement ! La quasi-totalitĂ© des pays dits « musulmans » ou « islamiques » sont des Ă©tats oĂą la dĂ©mocratie est inexistante ou bafouĂ©e. Dans un très grand nombre de cas, ces nations sont en guerre avec d’autres nations ou en Ă©tat de guerre intĂ©rieure.

Depuis l’effondrement de l’Union soviĂ©tique, la zone d’influence du wahhabisme s’est considĂ©rablement Ă©tendue dans la rĂ©gion des Balkans et dans les anciennes rĂ©publiques soviĂ©tiques oĂą la pratique de l’islam avait persistĂ©. C’est un important facteur de dĂ©stabilisation et de conflits dans toutes ces rĂ©gions qui sont Ă  prĂ©sent très infiltrĂ©es par les agitateurs intĂ©gristes financĂ©s par les Saoudiens.

Nos ennemis d’aujourd’hui, nos vĂ©ritables ennemis, sont les adeptes du wahhabisme. Ils sont princes, Ă©mirs, diplomates, banquiers et dirigeants d’entreprises. Ils sont aussi dangereux que le sinistre Ussama ben Laden. Ce sont aussi les très dangereux « oulĂ©mas » wahhabites – ennemis sans nom et sans visage – qui manipulent toute cette engeance et produisent des ben Laden en sĂ©rie.

Le mĂ©pris de l’opinion et de la vie d’autrui est une constante du wahhabisme. Elle conditionne le comportement quotidien de ses adeptes. Pour ces derniers, le « bon musulman » doit ĂŞtre hermĂ©tique aux opinions d’autrui et Ă  tout ce qui va Ă  l’encontre de ses convictions religieuses. C’est ce refus systĂ©matique du dialogue qui rend illusoire les tentatives de « conciliation » et de « consensus » auxquels certains occidentaux veulent encore se raccrocher. En cela, ils dĂ©montrent qu’ils sont incapables de se mettre « Ă  la place de l’autre », autrement dit de raisonner comme un wahhabite.

L’Arabie saoudite en question !

L’ Arabie saoudite serait confrontĂ©e Ă  des difficultĂ©s Ă©conomiques qui risquent de devenir insurmontables d’ici fort peu de temps. En effet, elle est confrontĂ©e Ă  une croissance dĂ©mographique galopante qui dĂ©coule essentiellement de la pratique de la polygamie. Aujourd’hui, environ 50 % de la population saoudienne a moins de 15 ans. A cela s’ajoute l’apparition d’un chĂ´mage de masse associĂ© Ă  un surendettement de l’Etat. Car c’est dans les poches du clan des Saoud que les recettes pĂ©trolières se sont « Ă©vaporĂ©es ». Et si le revenu moyen du « citoyen saoudien de base » n’est que de 8.500 euros (il est infĂ©rieur Ă  celui de la Hongrie et a diminuĂ© de moitiĂ© au cours des 20 dernières annĂ©es), le « SMIC princier » est de 350.000 ryals par an (près de 100.000 euros). Mais il ne s’agit lĂ  que d’un « salaire de base » qui est consenti aux membres les plus insignifiants de la « famille royale » saoudienne et ce, indĂ©pendamment de leurs autres revenus. Le salaire du roi est inconnu mais on sait qu’il dispose de quarante palais en Arabie (sans parler de ses possessions Ă  l’Ă©tranger) disposant chacun d’un hĂ´pital privĂ© disposant des Ă©quipements les plus modernes.

Les fils du roi recevraient, pour leur part, 100 millions de ryals par an (environ 28 millions d’euros) tandis que les princes de « second rang » (filiation moins directe) seraient dotĂ©s d’un peu moins d’un million d’euros, toujours par an et toujours indĂ©pendamment de leurs autres sources de revenus (dont un « salaire mensuel » variant selon le rang et qui est payĂ© par l’État dès la naissance !).

Le « clan Saoud » est une vĂ©ritable pĂ©pinière de parasites dont on ne connaĂ®t mĂŞme pas le nombre exact. Les meilleurs spĂ©cialistes de l’Arabie sont incapables de s’accorder sur les chiffres et l’on estime que les seuls « membres mâles » de cette famille seraient de 4.400 au minimum et de près de 10.000 au maximum. Une seule chose est certaine, tous puisent allègrement dans les caisses !

Tous sont susceptibles d’ĂŞtre traduits en justice devant la Cour Internationale des Droits de l’Homme, ne serait-ce que pour avoir instaurĂ© un système Ă©conomique qui relève de l’esclavage. Car ce sont bel et de bien des esclaves qui exĂ©cutent les basses besognes que les Saoudiens considèrent comme indignes ou insignifiantes. ConfiĂ©es Ă  des travailleurs Ă©trangers qui sont privĂ©s de leur passeport en entrant en Arabie, ces tâches ne relèvent pas du travail mais de l’exploitation de l’homme par l’homme. Ils sont ainsi 6 millions d’hommes et de femmes corvĂ©ables Ă  merci dont le salaire mensuel dĂ©passe très rarement les 500 euros.

Cependant, le système saoudien est arrivĂ© au bout de ses limites. L’accroissement spectaculaire de la population gĂ©nère un chĂ´mage inquiĂ©tant que le gouvernement tente d’endiguer par une politique de « saoudisation » de l’emploi. C’est un programme de « prĂ©fĂ©rence nationale » qui n’est pas sans rappeler celui du Front National de Jean-Marie Le Pen. Il implique que les Saoudiens – qui Ă©taient surtout employĂ©s dans la fonction publique – constituent au moins 30 % du personnel des entreprises de plus de 20 salariĂ©s. Et ce quota devrait thĂ©oriquement augmenter de 5 % par annĂ©e. Ce qui ne va pas sans inquiĂ©ter les chefs d’entreprises qui savent que la main-d’Ĺ“uvre saoudienne n’est pas « compĂ©titive » par rapport aux travailleurs Ă©trangers. Elle n’est pas, non plus d’une très grande compĂ©tence. Autre exemple : les autoritĂ©s ont aussi dĂ©cidĂ© que tous les chauffeurs de taxi devaient ĂŞtre de nationalitĂ© saoudienne. Le dĂ©lai d’application de cette dĂ©cision avait initialement Ă©tĂ© fixĂ© Ă  six mois mais il a dĂ» ĂŞtre portĂ© Ă  deux ans et sera sans nul doute prolongĂ©. Car aucun saoudien ne veut travailler dans les mĂŞmes conditions que les immigrĂ©s qui conduisent les voitures, quatorze heures par jour et six jours par semaine, pour un salaire de misère (moins de 1000 riyals par mois soit moins de 300 euros).

La « saoudisation » se heurte aussi Ă  la problĂ©matique de l’enseignement, lequel demeure une « chasse gardĂ©e » des religieux. Totalement inadaptĂ© Ă  une Ă©conomie moderne, le système saoudien d’enseignement repose essentiellement sur les « Ă©coles » coraniques oĂą l’on enseigne la « doctrine de la haine », le wahhabisme. MĂŞme au niveau universitaire, le poids de la religion est un frein considĂ©rable. C’est ainsi que quatre universitĂ©s sur huit se consacrent uniquement Ă  l’enseignement littĂ©raire et religieux. Et l’Ă©tude de l’anglais n’est obligatoire que dans une seule facultĂ©.

Du cĂ´tĂ© des « Ă©lites », on commence Ă  s’inquiĂ©ter. Princes et grands bourgeois ont Ă©tĂ© formĂ©s dans des universitĂ©s amĂ©ricaines ou europĂ©ennes et ils sont conscients du fait que l’Arabie est au bord du prĂ©cipice.


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Les commentaires reçus :

  • les projets de Ouyahia d’Arabie : le sort des Guanches pour les kabyles

    21 mai 2009, par La MĂ©crĂ©ante !
  • Le Wahhabisme : une idĂ©ologie totalitaire = Apartheid arabo-islamo-nazi au Maroc

    19 mai 2009, par Tifirelest
  • comment Wahhabiter un pays et y implanter le charmeur de serpents

    14 mai 2009, par Aveqqa !
    • Etonnant que l’article ne l’ait pas signalĂ©.

      14 mai 2009, par Lazare
      • Etonnant que l’article ne l’ait pas signalĂ©.

        16 mai 2009, par Aveqqa !
  • Le Wahhabisme : une idĂ©ologie totalitaire

    13 mai 2009, par Akveyli

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