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Certains journaux arabes ont rĂ©cemment relatĂ© dans les dĂ©tails un accrochage qui a mis ‎en prise une Ă©tudiante islamiste revĂȘtue d’un niqab, (sorte de tchador) et le vĂ©nĂ©rable ‎Cheikh d’Al Azhar, en visite Ă  l’une des classes d’universitĂ©. Ce dernier avait intimĂ© l’ordre Ă  l’étudiante d’enlever son attirail en sa prĂ©sence en des termes jugĂ©s ‎autoritaires et non islamiques par certains. Le Cheikh motiva la dĂ©cision de son ukase ‎par le fait que le niqab relevait des us et coutumes et non d’un Ă©dit religieux. Ce qui ‎est formellement contestĂ© par certains milieux rigoristes, qui criĂšrent Ă  la trahison, Ă  ‎l’arbitraire, allant jusqu’à contester son autoritĂ© en la maniĂšre et d’ĂȘtre Ă  la solde du ‎rĂ©gime en place. Notre vĂ©nĂ©rable Cheikh dĂ»t essuyer les pires calomnies et ne manqua ‎pas de s’attirer les foudres et les ires des fondamentalistes religieux de tous bords, qui ‎l’accusĂšrent de tous les maux de la sociĂ©tĂ© arabo-musulmane.

Cet incident entre ‎l’étudiante et le vĂ©nĂ©rable Cheikh d’Al Azhar a trouvĂ© des Ă©chos mĂȘme dans les ‎medias europĂ©ens, en particulier anglo-saxons, qui ne manquĂšrent pas de commenter ‎l’évĂšnement en des termes ironiques sinon amusants. DĂ©sormais, nul ne pourrait ‎s’étonner de ce que les choses en soient arrivĂ©es lĂ . On eĂ»t dit que les musulmans ont ‎perdu tout sens de la mesure, lorsqu’ils se sont jurĂ© de se chamailler pour un bout de tissu, qui a pris des proportions exorbitantes. D’or et dĂ©jĂ , cette affaire ne s’est pas ‎limitĂ©e aux pays arabo-musulmans, mais a gagnĂ© aussi les pays europĂ©ens oĂč rĂ©sident ‎une grande communautĂ© musulmane, qui se voit pointĂ©e du doigt Ă  cause de ce qu’on ‎appelle la « question du foulard ».

Tout ĂȘtre raisonnable admettrait volontiers et ‎aisĂ©ment que l’habit n’est rien d’autre qu’un moyen pour se protĂ©ger des Ă©lĂ©ments et ‎qu’il peut varier d’une rĂ©gion Ă  une autre selon les conditions climatiques du lieu oĂč vit ‎la personne concernĂ©e. Un homme se trouvant sous une latitude borĂ©ale ne peut s’habiller de la mĂȘme façon qu’un autre se trouvant sous les tropiques ou l’équateur et ‎encore moins dans un dĂ©sert.

Mais hĂ©las, en matiĂšre de religion, la logique perd tout ‎son sens chez les maximalistes tenant d’une religion donnĂ©e ou plutĂŽt de l’interprĂ©tation qu’ils en font, lorsqu’ils s’ingĂ©nient Ă  trouver dans les textes sacrĂ©s et ‎hadiths ce qui rĂ©confortent leur point de vue, quitte Ă  tomber dans l’équivoque. ‎

L’habit, tel que prĂ©conisĂ© par la religion, selon le point de vue religieux, au lieu d’ĂȘtre ‎une protection contre les Ă©lĂ©ments, devient alors un symbole d’appartenance Ă  un ‎courant particulier ou Ă  une secte donnĂ©e. Pour certains(es), il est plus que cela, il est ‎devenu la marque qui diffĂ©rencie le croyant ou la croyante des autres. Sont apparus, ‎rĂ©cemment, dans le paysage national et mĂȘme Ă  l’étranger, d’étranges attirails, aussi ‎bien fĂ©minins que masculins. Des hommes dans les rues des villes europĂ©ennes qui ‎sont habillĂ©s Ă  la pachtoune et des femmes portant des bourqas ou des tchadors avec ‎des lunettes et des gants, en plein Ă©tĂ©.

Des petites filles qui sont renvoyĂ©es de l’école, ‎parce que leurs parents persistent Ă  vouloir leur porter le foulard dit islamique, ‎évoquant pour cela la libertĂ© du culte. On est parfois amusĂ© par le comportement des ‎adolescentes musulmanes. Combien de fois, n’ai-je pas vu de jeunes filles habillĂ©es Ă  ‎l’europĂ©enne, portant des pantalons jeans serrĂ©s, qui mettent en valeur leurs attributs ‎fĂ©minins, avec une pointe d’élĂ©gance, mais qui se cachent les cheveux avec un foulard dit islamique. Ce qui fait dire Ă  certains non sans vulgaritĂ©, « qu’elles se cachent la tĂȘte ‎et se dĂ©couvrent le c
 ». Je laisse cette image Ă  l’apprĂ©ciation du lecteur.

En fait, si ‎l’essence du commandement religieux Ă  la femme est de faire preuve de pudeur, en pratique on assiste au contraire. Et le foulard est lĂ , en signe d’obĂ©dience et de ‎soumission, plus par conformisme que par conviction. L’autre extrĂȘme est reprĂ©sentĂ©e ‎par une importation saoudienne et Ă©trangĂšre Ă  ces contrĂ©es. Combien de fois n’ai-je pas vu, en plusieurs endroits, des femmes de tous Ăąges, couvertes de noir de la tĂȘte ‎aux pieds (pour ne pas dire de pieds en cap), et avec des gants – sortes de tchador ou ‎khimar que portent les femmes saoudiennes et celles des pays du Golf - et portant des ‎lunettes noires. Pour ces femmes, le vĂȘtement est signe ostentatoire d’appartenance Ă  ‎une secte donnĂ© ou Ă  un courant religieux particulier. Il s’agit lĂ  d’une affirmation ‎d’une identitĂ© religieuse avec la volontĂ© de l’afficher publiquement.

En somme, il s’agit de faire Ă©tat d’une appartenance Ă  une idĂ©ologie bien dĂ©terminĂ©e, « celle des ‎sources anciennes ». Le haĂŻk de nos mĂšres et grand-mĂšres a Ă©tĂ© Ă©vincĂ© par le nouvel ‎habit fĂ©minin oriental plus conforme aux prescriptions religieuses et donc, selon cette vision, plus musulman. Un observateur averti ne manquera pas de relever que les ‎jeunes femmes qui observent ces rĂšgles susdites vivent un paradoxe et des ‎contradictions visibles, tiraillĂ©es entre tradition et modernitĂ©.

Un exemple de ‎tiraillement entre tradition et modernitĂ© parmi d’autres est celui que l’on observe sur ‎nos plages, durant les journĂ©es chaudes d’étĂ©, oĂč l’on observe de jeunes femmes patauger dans la mer, portant des vĂȘtements de ville, qui ne sont pas conçus pour la ‎natation. Une fois le corps mouillĂ©, elles ont l’allure des statues grecques sans ‎toutefois, en avoir le charme hellĂ©nique. Un spectacle insolite analogue se prĂ©sente ‎aussi sur les terrains de sport, oĂč les jeunes filles, voulant s’exercer sont obligĂ©es de ‎porter un attirail qui entrave ses mouvements corporels, parce qu’il n’est pas conçu ‎pour le sport.

Le poids du contrĂŽle social et la soumission empĂȘchent toute vellĂ©itĂ© de ‎rĂ©flexion et encore moins de rĂ©bellion. Un jour, en mĂ©ditant sur les chamailles au sujet ‎de la tenue vestimentaire des femmes citadines d’aujourd’hui, feu ma grand-mĂšre, qui ‎comme les femmes amazighes de sa gĂ©nĂ©ration, n’avait connu de son temps que misĂšre ‎et privation, me dit philosophiquement que « le mal est fait Ă  l’esprit, qui se dĂ©range et c’est le corps ‎qui en souffre » Sages paroles. ‎

Mimoun

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Conte de la péninsule arabique

16 juillet 2009

A) De l’authenticitĂ© du corpus coranique.

La rĂ©vĂ©lation s’est faite en arabe qoraĂŻchite, une des variantes des "patois" arabes et yĂ©mĂ©nites. Les premiers transcripteurs ont Ă©tĂ© les compagnons, notamment Ubbay ibn Kab et surtout Ziad ibn Thabit. Ils se sont attachĂ©s Ă  consigner par Ă©crit les sourates. Leurs transcriptions ont dans la plupart des cas Ă©tĂ© faites avec l’aide des rĂ©citants qui connaissaient chacun des sourates ou morceaux de sourates (versets plus ou moins longs). On les consigna donc sur des morceaux d’os de chameau, des morceaux de cuir, des feuilles de palmiers, etc.

Les successeurs de Mahomet, les premiers califes (Abu Bakr, Omar et Othman et Ali) vont tour Ă  tour collecter les diffĂ©rentes transcriptions. Ainsi, aprĂšs la mort de Mahomet, il y eut ce qui peut ĂȘtre considĂ©rĂ© probablement comme une premiĂšre « compilation », faite par Ziad Ă  la demande d’Abu Bakr, le beau-pĂšre de Mahomet et 1er calife. Elle le fut "sur des feuilles", sans autre prĂ©cision. La collecte de ces feuilles est sujette Ă  controverse : pour certains auteurs de hadiths, c’est Abu Bakr qui en fut le premier dĂ©tenteur, alors que pour d’autres, dont le fameux Bukhari, ce serait Othman, le troisiĂšme calife. Celui-ci en aurait fait la version officielle et dĂ©finitive qu’on a appelĂ© depuis la vulgate othmanienne. Celle qui serait encore en vigueur chez les sunnites. Mais nombre de versions (diffĂ©rentes pour la plupart) existent, en cette pĂ©riode oĂč chacun semble vouloir ĂȘtre calife Ă  la place du calife (comme l’Iznogoud de la BD) et successeur de celui qui n’a pas de successeur. Tandis que pour les chiites, la collecte en aurait Ă©tĂ© faite par le gendre de Mahomet, Ali. Comme j’ignore presque tout du chiisme, je n’en dirais pas plus.

En 644, Omar, second calife et lui aussi beau-pĂšre de Mahomet, tente de faire dĂ©truire tous les autres "corpus", dans le but de contrer les chiites, sauf Ă©videmment ceux dĂ©tenus pas Hafsa : personne ne songerait Ă  s’attaquer Ă  la veuve de Mahomet. Il n’y parvint qu’Ă  moitiĂ© mais le temps a continuĂ© le travail pour lui : le fruit du labeur de copiste de certains compagnons, ayant Ă©chappĂ© Ă  la destruction, a Ă©tĂ© Ă©garĂ© pour toujours.

Ibn Mussad, un des rĂ©citants de Mahomet, connaissait une soixantaine de sourates par coeur. Il refuse Ă  son tour de dĂ©truire son corpus, ayant constatĂ© des diffĂ©rences dans le classement des sourates, ainsi que de nombreuses modifications dans le texte. Il sera considĂ©rĂ© ainsi comme chiite. Abu Mussa aussi apporte sa contradiction : son texte recensĂ© comporte de nombreuses variantes qu’il Ă©tait en outre le seul Ă  mentionner. Ibn Abbas, cousin de Mahomet, avait l’habitude de tout consigner sur Mahomet et ses compagnons. Ses Ă©crits contredisent en beaucoup de points ceux de la vulgate othmanienne. Il est considĂ©rĂ© par les Soumis comme l’exĂ©gĂšte le plus complet et le plus grand des savants de son Ă©poque. Ils omettent simplement de signaler qu’il se rĂ©vĂ©la surtout ĂȘtre un petit brigand des sables qui, en abandonnant son poste de gouverneur de Bassorah, est parti avec ... la caisse, comme un vulgaire voleur. Lui le grand UlĂ©ma ! Parmi les collectionneurs, il faut aussi citer Asma, fille de Umays, dont on reparlera Ă  propos des hadiths.

A la mort de Omar, les feuilles qu’il dĂ©tenaient revinrent Ă  sa fille (et veuve de Mahomet), la belle Hafsa. En plus de sa beautĂ©, elle Ă©tait une des trĂšs rares femmes de l’Ă©poque Ă  ĂȘtre instruite, ce qui Ă©tait suffisant pour instiller un doute sur des manipulations possibles. Ce n’est que 20 ans aprĂšs sa mort que le calife de MĂ©dine, Marwan, fit dĂ©truire les feuilles qu’elle hĂ©rita de son pĂšre, arguant de ce prĂ©texte : "je crains qu’avec le temps, quelques sceptiques n’Ă©mettent des doutes sur la vĂ©racitĂ© de ces feuilles". Donc, pour supprimer le doute, le plus simple est de supprimer la cause du doute, les feuilles ! Pour guĂ©rir une maladie, supprimons le nom de la maladie. Mais il avait pressenti le danger bien rĂ©el : les fameuses feuilles de Hafsa contredisaient trop la vulgate othmanienne.

Que dire dans ces conditions de cette "vulgate officielle" qui ne cessait pourtant pas d’ĂȘtre remaniĂ©e et qui comportait tant de variantes ? Sachant que tout ce beau monde avait chacun une lecture bien personnelle, qui Ă©tait interprĂ©tĂ©e par chacun des autres comme sans valeur, ce qui a conduit les Soumis Ă  se rebeller les uns contre les autres. Pourtant Dieu ne leur avait-il pas enjoint de ne pas s’entretuer, de garder leur cif tranchant pour les Juifs, les ChrĂ©tiens et les insoumis ? Une solution, il faut rĂ©viser la vulgate d’Othman. On s’attela alors Ă  ce travail (ce tripatouillage) qui consiste entre autres Ă  introduire la notation des voyelles brĂšves (ces signes placĂ©s au dessus ou en dessous des lettres), on ajouta les signes diacritiques (ce qui Ă©quivaut pour le français Ă  placer des signes comme cĂ©dilles et trĂ©mas), on rectifia les fautes d’orthographe et les erreurs de transcription dues aux copistes, etc. C’est lors de ces rĂ©visions qu’on donna aussi des titres aux sourates. Autre modification, des plus importantes : Ă  l’Ă©poque Abbasside, vers 750, on changea complĂštement de style en adoptant le style de Coufa au dĂ©triment de l’originel, le style du Hedjaz. Les graphies anciennes vont disparaĂźtre complĂštement.

Toutes ces rĂ©visions ne peuvent pas ĂȘtre sans consĂ©quences sur le sens initial du "message" originel ! D’autant que s’ajoutent Ă  cela tant de conflits sociaux, de conspirations, de conjurations qui ne sont pas sans effet sur le texte, en perpĂ©tuelle remise en cause. Guerre de clans et conflits entre AĂŻcha et Ali, vendetta des Ommeyades contre Othman, conjuration des Alides contre le mĂȘme Othman, encerclĂ© dans sa "Maison", rĂ©volte des "Ambitieux" menĂ©s par Muawiya, et surtout les batailles restĂ©es cĂ©lĂšbres comme celle des Chameaux (AĂŻcha y assista sur un chameau protĂ©gĂ© d’une "armure de fer", d’oĂč le nom), bataille de Siffin, extermination des Kharijites (les Sortants) lors de la bataille de Nawrawan, etc, sans oublier l’assassinat d’Ali, dans sa ville de Coufa, Ă  l’intĂ©rieur-mĂȘme de ce lieu rĂ©servĂ© au culte de Dieu qu’est la mosquĂ©e. La suite ne sera guĂšre mieux. C’est dans ce climat dĂ©lĂ©tĂšre que se dĂ©gagĂšrent les 4 Ă©coles religieuses du sunnisme, la hanafite, la malĂ©kite, la shafiite et la hanbalite.

En rĂ©sumĂ©, les transcriptions dĂ©tenues tour Ă  tour par Abu Bakr et Omar furent jugĂ©es incomplĂštes et imparfaites par la plupart des prescripteurs. Vinrent ensuite les guerres entre les diffĂ©rents courants, guerres idĂ©ologiques et guerres d’ambitions, guerres entre tribus et clans, avec le cif et avec le verbe. En plus de tous les tripatouillages non recensĂ©s et non rĂ©pertoriĂ©s, tous les marchandages, les rĂšglements de compte, etc... Plus d’autres tripatouillages supposĂ©s, par les adeptes d’Ali. Ainsi, de tout ce fatras et cet imbroglio va sortir l’orthodoxie des Mahometans. Il faut aussi savoir que prĂšs de 3 siĂšcles sĂ©parent lapremiĂšre collecte faite par Othman de la version "complĂšte et officielle" du "Chefs des Lecteurs" de Baghdad, Ibn Muhajid, mort en 936. Les diffĂ©rentes versions intermĂ©diaires ont par ailleurs Ă©tĂ© sujettes Ă  d’interminables querelles entre grammairiens, entre exĂ©gĂštes et entre grammairiens et exĂ©gĂštes, au fur et mesure que le systĂšme d’Ă©criture se diversifie et se complique.

B) De l’authenticitĂ© des hadiths.

Pour les hadiths, il faut savoir que leurs transcriptions ont Ă©tĂ© faites sur une Ă©chelle de temps trĂšs longue, presque 2 siĂšcles. Les premiers transcripteurs sont les compagnons, qui s’attachent Ă  consigner par Ă©crit les actions, comportements quotidiens, paroles, gestes, allusions, etc de Mahomet.

OĂč on reparle de Asma : elle fut la troisiĂšme Ă©pouse de Abu Bakr avant d’ĂȘtre mariĂ©e Ă  Ali, dont la premiĂšre Ă©pouse est Fatima, fille de Mahomet (ces mariages croisĂ©s, "en famille", Ă©taient monnaie courante Ă  l’Ă©poque !) . Personnage important, car il Ă©tait admis que Fatima lui aurait contĂ© plusieurs traditions liĂ©es Ă  son pĂšre. Elle est ainsi devenue une des principales sources de hadiths. Avec AĂŻcha, la prolixe, qui meurt 46 ans aprĂšs son prophĂšte de mari et qui, Ă  ce titre, est considĂ©rĂ©e comme une source trĂšs prĂ©cieuse. OĂč il apparaĂźt qu’on peut faire confiance aux femmes, malgrĂ© la sourate qui veut que leur tĂ©moignage ne peut ĂȘtre valide que si elles sont 2 Ă  le faire simultanĂ©ment ! Ne chipotons pas, considĂ©rons qu’en tant que veuve de Mahomet, AĂŻcha a gagnĂ© ses galons de conteuse crĂ©dible. Ces rĂ©cits, Ă©toffĂ©s au fil du temps, constituent avec le texte coranique ce qu’on dĂ©nomme la sunna (la tradition), que chaque sunnite se doit donc de suivre aveuglĂ©ment. Ainsi, si Mahomet urine d’une certaine maniĂšre ou mastique une datte pour en faire une bouillie Ă  donner au nourrisson, cela est consignĂ© et les Soumis devront reproduire son geste Ă  travers les temps et toute la Umma devra s’y conformer. Les rĂ©cits ainsi rapportĂ©s forment les hadiths, transcrits vaille que vaille Ă  travers ces presque 2 siĂšcles.

Face au danger d’Ă©clatement de l’islam par les nombreuses guerres et querelles internes, il devint urgent de les recenser et d’en vĂ©rifier l’authenticitĂ©. Le mot est lĂąchĂ© : authenticitĂ© ! Comment faire pour certifier un texte quand les protagonistes sont morts. On imagina une chaĂźne de "garants", qui devaient ĂȘtre composĂ©e d’au moins 3 personnes : un "exĂ©gĂšte" (compagnon, Ă©pouse, ami), un tĂ©moin oculaire et un participant, la chaĂźne pouvant aller jusqu’Ă  4 ou 5 rapporteurs (ou mĂȘme plus ?), qui pouvaient ĂȘtre un transmetteur, un affranchi ou encore un Ă©lĂšve d’un des "lecteurs" de Mahomet ). Ainsi, un hadith authentifiĂ© peut commencer de cette maniĂšre : "Untel a dit Ă  Untel, qui l’a rapportĂ© Ă  Untel, qui l’a transmis Ă  Untel que le ProphĂšte ...". ChaĂźne Ă  4 garants. Pour qu’il soit considĂ©rĂ© comme sahih (sain) donc ĂȘtre authentifiĂ©, il suffit que le premier Untel soit une Ă©pouse, un compagnon (nom donnĂ© aux premiers convertis d’avant MĂ©dine) ou un ansar (compagnon d’aprĂšs la pĂ©riode mĂ©dinoise). Peu importe alors si le dernier rapporteur a vĂ©cu 30, 40 ans ou plus aprĂšs le premier. Les transmetteurs n’Ă©taient pas contemporains de Mahomet, ils vĂ©curent pour certains au VIIIĂšme et IXĂšme siĂšcles de l’Ăšre chrĂ©tienne, tel Hafs ben Suleyman, mort en 874, ou encore Hisham ben Amar, mort en 860.

On comprend aisĂ©ment que les transcriptions, les chaĂźnes de garants, les polĂ©miques aient donnĂ© des textes pour le moins sujets Ă  caution, oĂč le hasard et les modifications alĂ©atoires jouent un rĂŽle trop important, loin de la volontĂ© dĂ©clarĂ©e d’Ă©tablir un texte vĂ©ridique. Pour un esprit rationnel enclin au pragmatisme, la question d’authenticitĂ© dans ces conditions ne peut ĂȘtre certifiĂ©e, compte tenu de tous les alĂ©as liĂ©s aux transcriptions ainsi qu’aux sources. Et dans ce cas, on ne parlerait alors que de probabilitĂ©s. Mais il n’en va pas de mĂȘme pour les Bukhari, Muslim, Abu Daoud, Tirmidhi et les autres ! Et, si Bukhari et Muslim sont considĂ©rĂ©s comme "rigoureux", c’est-Ă -dire intĂšgres dans les limites plus qu’alĂ©atoires qu’ils sont fixĂ©s eux-mĂȘme, il en va tout autrement pour d’autres, tel Tirmidhi, pourtant reconnu, qui ne s’embarrasse pas de fioritures en n’exigeant pas un garant reconnu ou encore comme al-NasaĂŻ qui se satisfait d’un garant qui ne serait pas dĂ©clarĂ© incrĂ©dible par tous les autres. Pourtant, les hadiths de Tirmidhi sont considĂ©rĂ©s sahih et al-NasaĂŻ Ă©tait un Ă©lĂšve de Abu-Daud.

VoilĂ  ce bel ensemble qui est appelĂ© Sunna, composĂ© de ce texte "vĂ©ridique", cette "parole descendue de Dieu", par Dieu lui-mĂȘme "derriĂšre un voile", ou par l’intermĂ©diaire de l’ange Gabriel aux 600 Ailes, dans "la langue inaltĂ©rable et inaltĂ©rĂ©e" du dĂ©sert arabique, au VIIĂšme siĂšcle de l’Ăšre chrĂ©tienne, avec son chapelet de traditions tout aussi abracadabrantes ... et qui perdurent jusqu’Ă  ce jour. Un ensemble de textes pour idolĂątres et uniquement pour eux. Mais, au fait, l’idolĂątrie n’est-elle pas contraire aux principes Ă©dictĂ©s par ce Dieu "plein de sagesse et de bon sens" ? Un ensemble de textes qui a pour fondement, pour fondation, un livre oĂč ne figure pas une seule fois le mot honneur mais oĂč il a Ă©tĂ© donnĂ© neuf noms Ă  l’enfer :

-  An Nar ( sourate 2 verset 24)

-  Al Jahim (sourate 2 verset 119)

-  Jahannama (sourate 2 verset 206)

-  As SaĂŻr (sourate 4 verset 10)

-  As Samum (sourate 52 verset 27)

-  Saqar (sourate 54 verset 48)

-  Sidjine (sourate 83 verset 7).

-  Hawiyah (sourate 101 verset 9).

-  Al Hutamah ( sourate 104 verset 4)

Afin que les Soumis n’oublient pas de se frapper le front contre le sol, pour y Ă©chapper !

La prochaine fois, je vous conterai les histoires plus crĂ©dibles de "vreruc y-uggi ad y-ekk imensi, yebbwi-as taghat-is wecen" ou de ce petit garçon que ses parents essayent de perdre avec ses frĂšres dans la forĂȘt. A lire sans le moindre esprit critique, sinon on n’y croit pas !

Electron libre.

Sources parmi d’autres : L’islam cet inconnu par Roger Caratini, Ă©d. Michel Lafon (2001) - al-islam.com (site officiel du MinistĂšre saoudien du culte) - islammedia.free.fr - islamreligion.com


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Les commentaires reçus :

  • Heureux enfants !

    26 juillet 2009, par La MĂ©crĂ©ante !
    • Heureux enfants !

      26 juillet 2009, par OUDAY
      • Heureux enfants !

        27 juillet 2009, par La MĂ©crĂ©ante !
  • Conte de la pĂ©ninsule arabique

    21 juillet 2009, par l infidel
    • Conte de la pĂ©ninsule arabique

      21 juillet 2009, par Electron libre
      • 2 coups

        21 juillet 2009, par D.S
        • 2 coups moins un

          22 juillet 2009, par Electron libre
          • antĂ©christ

            22 juillet 2009, par D.S
            • antĂ©christ

              22 juillet 2009, par Electron libre
  • Conte de la pĂ©ninsule arabique( l infidel

    21 juillet 2009, par l infidal
    • Conte de la pĂ©ninsule : vive les chĂšvres !!!

      21 juillet 2009, par La MĂ©crĂ©ante !
  • religion de la fornik..

    21 juillet 2009, par La MĂ©crĂ©ante !
    • religion de la fornik..

      21 juillet 2009, par OUDAY
      • secte Ă  groin

        21 juillet 2009, par Electron libre
        • secte Ă  groin

          21 juillet 2009, par La MĂ©crĂ©ante !
  • le Taliban algĂ©rien recrute

    18 juillet 2009, par La MĂ©crĂ©ante !
  • Conte de la pĂ©ninsule arabique

    18 juillet 2009, par Massil
  • otages français et charia

    18 juillet 2009, par La MĂ©crĂ©ante !
    • La France l’admire et le soutient

      18 juillet 2009, par Lazare
      • La France l’admire et le soutient/et les français ?...

        18 juillet 2009, par La MĂ©crĂ©ante !
        • La finance islamique prĂ©sente bien des avantages

          19 juillet 2009, par Lazare
  • Occulter la provenance des feuillets originels et d’assurer la justification et la survie du pouvoir sacral et totalitaire des Califes.

    18 juillet 2009, par Lazare
    • Occulter la provenance des feuillets originels et d’assurer la justification et la survie du pouvoir sacral et totalitaire des Califes.

      18 juillet 2009, par Electron libre
      • Les Arabes n’ont jamais envahi l’Espagne[1], Ignatio OlagĂŒe montre d’abord que les « envahisseurs » de l’Espagne furent essentiellement des Maures, c’est-Ă -dire une peuplade africaine......- donc sans rapport Ă  l’époque avec les Arabes, auxquels se sont joints... certains autochtones europĂ©ens. Eh bien, tous ces fameux envahisseurs ne connaissaient pas le Coran - indĂ©pendamment du fait qu’il Ă©tait Ă©crit dans une langue Ă©trangĂšre pour eux, et cela mĂȘme au-delĂ  du VIIIe siĂšcle. De plus, ils ne semblaient mĂȘme pas avoir entendu parler de Mahomet.

        19 juillet 2009, par Lazare
        • Ă  la recherche du temps perdu/Lazare

          19 juillet 2009, par La MĂ©crĂ©ante !
  • Cadeau pour Electron Libre

    18 juillet 2009, par La MĂ©crĂ©ante !
    • Merci du cadeau

      18 juillet 2009, par Electron libre
      • Merci du cadeau/merci Ă  toi !

        18 juillet 2009, par La MĂ©crĂ©ante !
  • Conte de la pĂ©ninsule arabique

    16 juillet 2009
    • un Ăąne ? pourquoi pas !

      16 juillet 2009, par D.S
  • Conte de la pĂ©ninsule arabique

    16 juillet 2009, par Mimoun
    • Conte de la pĂ©ninsule arabique

      18 juillet 2009, par Electron libre
      • Conte (féérique) de la pĂ©ninsule arabique

        18 juillet 2009, par Mimoun
        • Conte (féérique) de la pĂ©ninsule arabique

          18 juillet 2009, par Electron libre
        • Conte (féérique) de la pĂ©ninsule arabique

          18 juillet 2009, par Electron libre
  • Conte de la pĂ©ninsule arabique

    16 juillet 2009, par izem
    • Contes mythes religions

      16 juillet 2009, par D.S
    • Conte de la pĂ©ninsule arabique/Izem

      16 juillet 2009, par La MĂ©crĂ©ante !
  • Conte de la pĂ©ninsule arabique : le scoop !

    16 juillet 2009, par La MĂ©crĂ©ante !
    • Conte de la pĂ©ninsule arabique : le scoop !

      17 juillet 2009, par Electron libre
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        17 juillet 2009, par La MĂ©crĂ©ante !
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          17 juillet 2009, par Electron libre
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        17 juillet 2009, par Electron libre
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          18 juillet 2009, par arilés
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