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Une autre version de l’Afrique du Nord, North Africa, Les Iles Canaries, le Maroc, l’AlgĂ©rie, la Kabylie, la Tunisie, la Libye, l’Egypte, North Africa, nordafrika, Berbere, Amazigh, Rif, Tamazgha, Souss, Awres, Chaoui, Touareg, Guanche,

Certains journaux arabes ont récemment relaté dans les détails un accrochage qui a mis ‎en prise une étudiante islamiste revêtue d’un niqab, (sorte de tchador) et le vénérable ‎Cheikh d’Al Azhar, en visite à l’une des classes d’université. Ce dernier avait intimé l’ordre à l’étudiante d’enlever son attirail en sa présence en des termes jugés ‎autoritaires et non islamiques par certains. Le Cheikh motiva la décision de son ukase ‎par le fait que le niqab relevait des us et coutumes et non d’un édit religieux. Ce qui ‎est formellement contesté par certains milieux rigoristes, qui crièrent à la trahison, à ‎l’arbitraire, allant jusqu’à contester son autorité en la manière et d’être à la solde du ‎régime en place. Notre vénérable Cheikh dût essuyer les pires calomnies et ne manqua ‎pas de s’attirer les foudres et les ires des fondamentalistes religieux de tous bords, qui ‎l’accusèrent de tous les maux de la société arabo-musulmane.

Cet incident entre ‎l’étudiante et le vĂ©nĂ©rable Cheikh d’Al Azhar a trouvĂ© des Ă©chos mĂŞme dans les ‎medias europĂ©ens, en particulier anglo-saxons, qui ne manquèrent pas de commenter ‎l’évènement en des termes ironiques sinon amusants. DĂ©sormais, nul ne pourrait ‎s’étonner de ce que les choses en soient arrivĂ©es lĂ . On eĂ»t dit que les musulmans ont ‎perdu tout sens de la mesure, lorsqu’ils se sont jurĂ© de se chamailler pour un bout de tissu, qui a pris des proportions exorbitantes. D’or et dĂ©jĂ , cette affaire ne s’est pas ‎limitĂ©e aux pays arabo-musulmans, mais a gagnĂ© aussi les pays europĂ©ens oĂą rĂ©sident ‎une grande communautĂ© musulmane, qui se voit pointĂ©e du doigt Ă  cause de ce qu’on ‎appelle la « question du foulard ».

Tout être raisonnable admettrait volontiers et ‎aisément que l’habit n’est rien d’autre qu’un moyen pour se protéger des éléments et ‎qu’il peut varier d’une région à une autre selon les conditions climatiques du lieu où vit ‎la personne concernée. Un homme se trouvant sous une latitude boréale ne peut s’habiller de la même façon qu’un autre se trouvant sous les tropiques ou l’équateur et ‎encore moins dans un désert.

Mais hélas, en matière de religion, la logique perd tout ‎son sens chez les maximalistes tenant d’une religion donnée ou plutôt de l’interprétation qu’ils en font, lorsqu’ils s’ingénient à trouver dans les textes sacrés et ‎hadiths ce qui réconfortent leur point de vue, quitte à tomber dans l’équivoque. ‎

L’habit, tel que préconisé par la religion, selon le point de vue religieux, au lieu d’être ‎une protection contre les éléments, devient alors un symbole d’appartenance à un ‎courant particulier ou à une secte donnée. Pour certains(es), il est plus que cela, il est ‎devenu la marque qui différencie le croyant ou la croyante des autres. Sont apparus, ‎récemment, dans le paysage national et même à l’étranger, d’étranges attirails, aussi ‎bien féminins que masculins. Des hommes dans les rues des villes européennes qui ‎sont habillés à la pachtoune et des femmes portant des bourqas ou des tchadors avec ‎des lunettes et des gants, en plein été.

Des petites filles qui sont renvoyĂ©es de l’école, ‎parce que leurs parents persistent Ă  vouloir leur porter le foulard dit islamique, ‎évoquant pour cela la libertĂ© du culte. On est parfois amusĂ© par le comportement des ‎adolescentes musulmanes. Combien de fois, n’ai-je pas vu de jeunes filles habillĂ©es Ă  ‎l’europĂ©enne, portant des pantalons jeans serrĂ©s, qui mettent en valeur leurs attributs ‎fĂ©minins, avec une pointe d’élĂ©gance, mais qui se cachent les cheveux avec un foulard dit islamique. Ce qui fait dire Ă  certains non sans vulgaritĂ©, « qu’elles se cachent la tĂŞte ‎et se dĂ©couvrent le c… ». Je laisse cette image Ă  l’apprĂ©ciation du lecteur.

En fait, si ‎l’essence du commandement religieux à la femme est de faire preuve de pudeur, en pratique on assiste au contraire. Et le foulard est là, en signe d’obédience et de ‎soumission, plus par conformisme que par conviction. L’autre extrême est représentée ‎par une importation saoudienne et étrangère à ces contrées. Combien de fois n’ai-je pas vu, en plusieurs endroits, des femmes de tous âges, couvertes de noir de la tête ‎aux pieds (pour ne pas dire de pieds en cap), et avec des gants – sortes de tchador ou ‎khimar que portent les femmes saoudiennes et celles des pays du Golf - et portant des ‎lunettes noires. Pour ces femmes, le vêtement est signe ostentatoire d’appartenance à ‎une secte donné ou à un courant religieux particulier. Il s’agit là d’une affirmation ‎d’une identité religieuse avec la volonté de l’afficher publiquement.

En somme, il s’agit de faire Ă©tat d’une appartenance Ă  une idĂ©ologie bien dĂ©terminĂ©e, « celle des ‎sources anciennes ». Le haĂŻk de nos mères et grand-mères a Ă©tĂ© Ă©vincĂ© par le nouvel ‎habit fĂ©minin oriental plus conforme aux prescriptions religieuses et donc, selon cette vision, plus musulman. Un observateur averti ne manquera pas de relever que les ‎jeunes femmes qui observent ces règles susdites vivent un paradoxe et des ‎contradictions visibles, tiraillĂ©es entre tradition et modernitĂ©.

Un exemple de ‎tiraillement entre tradition et modernité parmi d’autres est celui que l’on observe sur ‎nos plages, durant les journées chaudes d’été, où l’on observe de jeunes femmes patauger dans la mer, portant des vêtements de ville, qui ne sont pas conçus pour la ‎natation. Une fois le corps mouillé, elles ont l’allure des statues grecques sans ‎toutefois, en avoir le charme hellénique. Un spectacle insolite analogue se présente ‎aussi sur les terrains de sport, où les jeunes filles, voulant s’exercer sont obligées de ‎porter un attirail qui entrave ses mouvements corporels, parce qu’il n’est pas conçu ‎pour le sport.

Le poids du contrĂ´le social et la soumission empĂŞchent toute vellĂ©itĂ© de ‎rĂ©flexion et encore moins de rĂ©bellion. Un jour, en mĂ©ditant sur les chamailles au sujet ‎de la tenue vestimentaire des femmes citadines d’aujourd’hui, feu ma grand-mère, qui ‎comme les femmes amazighes de sa gĂ©nĂ©ration, n’avait connu de son temps que misère ‎et privation, me dit philosophiquement que « le mal est fait Ă  l’esprit, qui se dĂ©range et c’est le corps ‎qui en souffre » Sages paroles. ‎

Mimoun

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Halte au projet de déstabilisation du CMA

29 novembre 2009

Le Congrès Mondial Amazigh (CMA) est l’unique organisation pan amazighe dont la mission est de défendre notamment au niveau international et grâce aux instruments juridiques internationaux, les droits légitimes du peuple amazigh. Depuis sa création en 1995, le CMA poursuit sa tâche en toute indépendance et dans la transparence. De manière courageuse et sans aucune compromission, le CMA dénonce sans relâche les lois et les actes anti-amazighs et en même temps, propose des solutions concrètes conformes aux normes juridiques internationales en matière de droits individuels et collectifs.

Sur les places internationales et en particulier à l’ONU, les gouvernements n’apprécient guère les interventions orales du CMA au cours des séances plénières, ni la distribution de documents qui relatent les violations des droits des Amazighs et encore moins les rapports alternatifs qui apportent la contradiction aux rapports gouvernementaux. La simple présence de la délégation du CMA irrite au plus haut point les délégations officielles des Etats.

Par ailleurs, même lorsque les sujets fâchent les gouvernements, le CMA les remet sans cesse sur la table, comme par exemple la question de l’impunité qui protège les auteurs des crimes commis en Kabylie au cours du printemps noir 2001, le respect du droit à l’autodétermination pour le peuple Kabyle et pour les autres peuples de la nation amazighe, si telle est leur volonté, la question cruciale de l’exploitation des ressources naturelles (terres, eaux, forêts, minerais, ressources halieutiques, etc) au profit des populations locales et la restitution des terres spoliées aux Amazighs, la dénonciation systématique du colonialisme, de la militarisation, du racisme, des interdits et des violences anti-Amazighs, etc.

Les gouvernements n’apprĂ©cient guère Ă©galement ce drapeau amazigh qui flotte dĂ©sormais de Siwa Ă  l’Archipel Canarien, comme un emblème unificateur de la nation amazighe. De mĂŞme et peut ĂŞtre plus grave pour des Etats-Nations arc-boutĂ©s sur des frontières artificielles hĂ©ritĂ©es de la colonisation, le CMA prĂ´ne le dĂ©passement du sentiment exigu des nationalitĂ©s pour aller vers un ensemble nord africain qui rapprocherait les peuples par delĂ  les frontières actuelles. Le CMA recommande mĂŞme l’abolition de ces frontières qui saucissonnent Tamazgha (Afrique du Nord et Sahara) et rĂ©clame au moins, la libertĂ© de circulation totale dans cette rĂ©gion, avec une simple carte d’identitĂ©. Il est honteux et inacceptable que la frontière algĂ©ro-marocaine soit fermĂ©e depuis plus de 14 ans et qu’on impose des visas aux Touaregs lorsqu’ils voyagent dans leur propre territoire saharien dĂ©coupĂ© par les frontières de 5 Etats !

Le CMA en tant que structure indépendante qui contribue avec d’autres organisations à redonner confiance au peuple et à oeuvrer à son émancipation, est devenu insupportable aux yeux des Etats d’Afrique du Nord qui seraient prêts à payer cher pour le neutraliser, le détruire, ou au moins l’affaiblir.

Ce travail de destruction des rĂ©sistances citoyennes a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© mis en place par les gouvernements des Etats de Tamazgha et a commencĂ© Ă  porter ses fruits. En AlgĂ©rie, la violence Etatique, la rĂ©pression, la paupĂ©risation et la corruption sont utilisĂ©s comme des instruments pour annihiler tout ce qui peut contester l’ordre maffieux et assassin Ă©tabli. Que reste t-il du mouvement citoyen des Aarchs de Kabylie ? Que reste t-il du mouvement associatif et mĂŞme des partis politiques Ă  ancrage Kabyle ? Que reste t-il des intellectuels ? De la presse indĂ©pendante ? Au Maroc, on retrouve le mĂŞme schĂ©ma, appliquĂ© avec la mĂŞme redoutable efficacitĂ©, surtout après la crĂ©ation de l’Ircam. Le Makhzen marocain considère qu’il ne peut plus rien donner Ă  l’amazighitĂ©, pas mĂŞme une chaĂ®ne de tĂ©lĂ©vision amazighe alors qu’il y en a 7 en arabe, pas mĂŞme la possibilitĂ© de donner des prĂ©noms amazighs Ă  nos enfants, pas mĂŞme la possibilitĂ© d’écrire en Tamazight sur les panneaux de signalisation, etc. Tous les problèmes du peuple amazigh du Maroc sont dissous dans l’Ircam et pour le reste, c’est la politique de « la carotte et le bâton ». Tous ceux/celles qui contestent et qui protestent contre les injustices, comme notre collègue Chakib El-Kheyari, membre du Conseil FĂ©dĂ©ral et les jeunes membres du Mouvement Culturel Amazigh de Meknes, de Imteghren et de Warzazate, ils sont confrontĂ©s aux harcèlements policiers et judiciaires, avant d’être jetĂ©s en prison de manière arbitraire. En Tunisie et en Libye, les Amazighs n’ont tout simplement pas droit Ă  la parole et les Touaregs ont pris les armes mais sans rĂ©sultats significatifs Ă  cause des ingĂ©rences extĂ©rieures (AlgĂ©rie, Libye, France notamment) qui utilisent les mĂŞmes procĂ©dĂ©s qu’ailleurs pour empĂŞcher toute possibilitĂ© de s’organiser de manière autonome et durable.

Ainsi, après avoir cassĂ© ou affaibli les mouvements dĂ©mocratiques et citoyens dans les diffĂ©rents pays de Tamazgha, les pouvoirs nord-africains ont dĂ©cidĂ© de s’attaquer au CMA dont le travail obstinĂ© commence Ă  porter ses fruits au niveau international. Mais les gouvernements ont du mal Ă  nous attaquer de front car non seulement nos revendications et nos mĂ©thodes de travail sont lĂ©gales et lĂ©gitimes, mais aussi parce que notre organisation est prĂ©sente dans plus de 15 Etats d’Afrique du Nord et d’Europe, ce qui la rend insaisissable. Alors, ils utilisent la bonne vieille mĂ©thode de « diviser pour rĂ©gner », en ayant recours Ă  leurs relais dans le mouvement amazigh ou Ă  des Amazighs instrumentalisĂ©s, ou bien encore Ă  des personnes dont le souci de l’ego personnel l’emporte sur la cause qu’ils prĂ©tendent dĂ©fendre.

Il en ainsi de Rachid Raha qui, ne pouvant accĂ©der Ă  la prĂ©sidence du CMA par les voies dĂ©mocratiques, c’est-Ă -dire en se faisant Ă©lire dans une assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale reprĂ©sentative, lĂ©gitime et lĂ©gale, a optĂ© pour le « coup d’Etat » ou plus exactement le coup tordu. Refusant de se soumettre au choix d’une large majoritĂ© du bureau d’organiser le congrès Ă  Meknès, il a prĂ©tendu qu’il allait organiser le congrès du CMA Ă  Tizi-Wezzu, bien que nous-mĂŞmes avions tout essayĂ© pour que le congrès de 2008 se tienne en Kabylie, mais en vain. Nous avons Ă©tĂ© jusqu’à porter plainte contre le Wali de Tizi-Wezzu au mois de juin dernier mais comme il fallait s’y attendre, la justice algĂ©rienne ne nous a pas suivi. Après avoir constatĂ© l’impossibilitĂ© de nous rĂ©unir en Kabylie, nous avons optĂ© pour le Maroc et prĂ©cisĂ©ment la ville de Meknès. Rejetant la loi de la dĂ©mocratie et de la raison, Rachid Raha prĂ©tendait Ă  ce moment-lĂ  que nous Ă©tions des menteurs et que le congrès pouvait avoir lieu Ă  Tizi-Wezzu. Malheureusement pour lui, il a Ă©tĂ© stoppĂ© le 30 octobre 2008 Ă  l’aĂ©roport Houari Boumedienne d’Alger, puis refoulĂ© vers le Maroc, avec une poignĂ©e de personnes dont la plupart n’étaient mĂŞme pas informĂ©es de la rĂ©alitĂ© du problème. Et au lieu de reconnaitre sa faute, au lieu de s’excuser pour ses mensonges, au lieu de constater comme nous l’avions fait que le pouvoir algĂ©rien Ă©tait rĂ©ellement un pouvoir totalitaire qui n’accepte mĂŞme pas une rĂ©union des Amazighs chez eux en Kabylie, M. Raha a prĂ©fĂ©rĂ© la fuite en avant, en s’auto-proclamant « prĂ©sident de l’aĂ©roport » ! Comment peut-on prĂ©tendre ĂŞtre « prĂ©sident » sans avoir Ă©tĂ© Ă©lu ? Comment peut-on oser s’imposer de la sorte au mĂ©pris de toutes les règles ? Il a ensuite poursuivi son dĂ©lire sur internet en accusant, le prĂ©sident lĂ©gitime d’avoir « dĂ©tournĂ© de l’argent », d’avoir reçu de l’argent de la Libye ou de faciliter l’émigration vers l’Europe. Plus le propos est mensonger et grossier, plus il a de chance de convaincre l’opinion, pense t-il certainement.

Nous avons dĂ©jĂ  publiĂ© des rĂ©ponses Ă  ces graves accusations mais nous les rappelons ici :

Les 30000 Euros accordĂ©s par le gouvernement Catalan Ă©taient destinĂ©s au financement du 5° congrès du CMA, prĂ©vu dans un premier temps en juillet 2008, en Kabylie. Comme il n’était pas possible de l’organiser en Kabylie, le bureau qui est l’instance dĂ©cisionnelle en matière de dĂ©termination des date, lieu et organisation des congrès du CMA, a choisi Meknès, au Maroc. L’agence catalane pour la coopĂ©ration et le dĂ©veloppement (ACCD) qui a versĂ© la subvention au CMA au nom de la Generalitat de Catalunya, a Ă©tĂ© informĂ©e de ce changement et n’y a vu aucun inconvĂ©nient. Le plus important pour les Catalans Ă©tait que le financement accordĂ© soit utilisĂ© pour la tenue du congrès, le reste (lieu, date, etc) relevant des prĂ©rogatives des instances du CMA. Monsieur Daniel Peluffo, reprĂ©sentant de l’ACCD, Ă©tait d’ailleurs prĂ©sent au congrès de Meknès et y a pris la parole. Il n’y a donc absolument aucun problème sur ce sujet avec le gouvernement Catalan. En consĂ©quence, dire qu’il y a eu « dĂ©tournement de fonds », est un pur mensonge qui nous a amenĂ©s Ă  porter plainte contre Rachid Raha, Ferroudja Moussaoui et Hachemi Touzene, pour diffamation. MĂŞme si nous n’espĂ©rons pas grand’chose d’une justice aux ordres (dans les pays d’Afrique du Nord), nous avons quand mĂŞme portĂ© plainte, par principe.

Concernant les prĂ©tendues sommes qu’aurait donnĂ© la Libye au CMA, c’est une manière facile de dĂ©tourner l’attention, comme si ce pays avait le monopole de la corruption. Nul besoin en effet d’aller jusqu’à Tripoli pour cela. Rabat et Alger sont au moins autant des capitales de la corruption. En ce qui nous concerne, les membres du CMA qui se sont rendus en Libye depuis 2005 n’ont jamais reçu plus que les remboursements de leurs billets d’avion. Les autoritĂ©s libyennes ne sont pas bĂŞtes au point de donner de l’argent Ă  des personnes ou Ă  une organisation qu’elles ne contrĂ´lent pas. En acceptant de nous rendre en Libye, nous savions que ce genre de « rumeurs » allait nous empoisonner la vie, mais nous n’avions pas le droit, en tant qu’ONG, de refuser une proposition de dialogue et encore moins de nous dĂ©tourner de nos frères Amazighs libyens. A ce sujet, il est important de prĂ©ciser que les visites du CMA en Libye ont toujours Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©es en accord avec les membres du CMA en Libye et jusqu’à prĂ©sent, ces visites sont perçues de manière très positive par la grande majoritĂ© du mouvement amazigh de ce pays. Ajoutons Ă  cela le fait que, les contacts avec les autoritĂ©s libyennes ont toujours Ă©tĂ© transparents (le CMA a toujours informĂ© ses membres et l’opinion publique de ses visites en Libye) et que cela n’a en rien modifiĂ© la position et l’action du CMA concernant la dĂ©fense des droits des Amazighs dans ce pays (voir notamment les rapports remis Ă  l’ONU, lettre ouverte Ă  Mouammar Kaddafi, communiquĂ©s de dĂ©nonciation des agressions contre les membres du CMA Ă  Yefren, interventions orales Ă  l’ONU sur le racisme anti-amazigh en Libye Ă  l’occasion de la confĂ©rence mondiale contre le racisme, etc). Le fait que Khalid Zerrari, vice-prĂ©sident du CMA, ait Ă©tĂ© interdit d’entrer en Libye le 19 novembre dernier alors qu’il se rendait Ă  l’enterrement de notre collègue M’hamed Hamrani, membre du Conseil FĂ©dĂ©ral, n’est-il pas la preuve que l’équipe dirigeante actuelle ne souffre d’aucune compromission avec le rĂ©gime libyen ? Dialoguer, nĂ©gocier, mais sans jamais cĂ©der sur l’essentiel, c’est-Ă -dire sur les droits et les libertĂ©s fondamentales du peuple amazigh, tel est le credo de la direction actuelle du Congrès Mondial Amazigh.

Les questions de corruption et de trafic d’influence sont toujours dĂ©licates et c’est la raison pour laquelle nous ne faisons pour notre part, de procès d’intention Ă  personne, prĂ©fĂ©rant nous en tenir aux interrogations et aux constats. Au chapitre des questions, Messieurs Raha et Abrika et Mme Moussaoui, viennent de passer au moins 3 semaines entre le Maroc, la France et la Belgique. N’ont-ils pas un emploi ? Si oui, seraient-ils en vacances ? Dans tous les cas, qui finance les frais de leurs dĂ©placements et de leur sĂ©jour ? Au chapitre des faits vĂ©rifiables, il suffit d’ouvrir les pages du journal de Rachid Raha (le monde amazigh), pour se rendre compte que ce journal n’existe que grâce Ă  la publicitĂ© offerte par la BMCE-Bank, une banque marocaine privĂ©e prĂ©sidĂ©e par M. Othman Ben Jelloun, homme d’affaires fassi, Ă©lu « banquier arabe de l’annĂ©e 2008 ». Tapez son nom sur Google pour dĂ©couvrir qui est cet homme et quelle est l’ampleur de son empire financier. Dans le mĂŞme journal de M. Raha, on trouve Ă©galement Ă  chaque numĂ©ro, plusieurs publicitĂ©s de l’Ircam, dont Mme Raha est membre du Conseil d’Administration. A chacun de tirer ses conclusions.

Rachid Raha nous accuse Ă©galement d’encourager l’émigration clandestine, en utilisant carrĂ©ment l’expression « traite des ĂŞtres humains », en ignorant probablement la signification de cette expression. Les membres de nos instances qui vivent dans les pays de Tamazgha n’ont-ils pas le droit de reprĂ©senter le CMA Ă  l’étranger ? N’ont-ils pas le droit de participer aux rencontres internationales et de se former ainsi aux rouages du droit international relatif aux droits de l’homme ? Sur ce sujet, c’est encore un mauvais procès qu’on essaye de nous intenter pour semer le trouble dans les esprits. Nous rappelons d’abord que si nous tenons tant Ă  organiser nos congrès dans les pays de Tamazgha, c’est d’abord une manière pour nous d’exercer notre droit de nous rĂ©unir chez nous, mais c’est aussi pour Ă©viter que nos rencontres en Europe ne soient l’occasion pour certains, de fuirez leur pays. Mais pour nous, le problème n’est pas de savoir si les citoyens Amazighs utilisent tel ou tel procĂ©dĂ© pour Ă©migrer, mais c’est surtout de savoir pourquoi ils partent ? La misère, le chĂ´mage, les injustices, la rĂ©pression, les violations des droits de l’homme, voilĂ  les raisons qui poussent les gens Ă  s’exiler au pĂ©ril de leur vie. Mais poser la problĂ©matique de cette façon, cela n’intĂ©resse probablement pas M. Raha car cela revient Ă  pointer du doigt les gouvernements qui sont les vrais responsables des drames que vivent les citoyens.

En AlgĂ©rie, le principal agent de la dĂ©stabilisation du CMA s’appelle Belaid Abrika qui fait mine de se mettre au second plan en mettant en avant sa potiche Ferroudja Moussaoui. En 2005, le Conseil FĂ©dĂ©ral du CMA dĂ©cide d’organiser une manifestation des 2 cĂ´tĂ©s de la frontière algĂ©ro-marocaine pour rĂ©clamer son ouverture. Au moment de l’exĂ©cution de cette dĂ©cision, Ferroudja Moussaoui, alors membre de ce Conseil, s’y oppose au motif qu’une telle manifestation allait mettre en pĂ©ril « l’intĂ©gritĂ© territoriale de l’AlgĂ©rie » et qu’il fallait garder cette frontière fermĂ©e car d’après elle, « c’est par lĂ  que rentre la drogue marocaine en AlgĂ©rie ». Du pur discours gouvernemental ! En juin 2008 alors que nous Ă©tions dans la salle d’audience de la Cour de Tizi-Wezzu pour le procès intentĂ© contre le Wali, elle s’était rangĂ©e aux cĂ´tĂ©s du reprĂ©sentant de l’Etat algĂ©rien, en dĂ©clarant que cette plainte n’était pas utile et mĂŞme « irrecevable ». Quant Ă  Belaid Abrika, si tout le monde en Kabylie sait comment il a contribuĂ© Ă  casser le mouvement des Aarchs, ailleurs et avec son look, il peut encore faire illusion. En 2001, le CMA avait proposĂ© aux Aarchs une invitation Ă  l’UE et Ă  l’ONU pour poser le problème de la rĂ©pression en Kabylie. M. Abrika s’y Ă©tait farouchement opposĂ© en dĂ©clarant qu’il ne fallait pas « internationaliser le problème Kabyle ». Tout le monde sait Ă©galement que Belaid Abrika est obstinĂ©ment contre l’autonomie de la Kabylie et ses partisans ont mĂŞme agressĂ© des militants du MAK lors de la traditionnelle marche du 20 avril 2007 Ă  Tizi-Wezzu. De mĂŞme, alors qu’il dĂ©tient les dossiers des victimes du printemps noir de Kabylie, il n’a jamais acceptĂ© de les remettre au CMA qui les lui a rĂ©clamĂ©s pour porter plainte auprès de la Cour PĂ©nale Internationale, ni ne l’a fait lui-mĂŞme. Comment peut-il se permettre aujourd’hui d’intervenir dans un colloque sur l’autonomie du Rif ou sur l’impunitĂ©, Ă  Bruxelles ? Qui veut-il encore tromper ? Après la casse du mouvement des Aarchs il veut s’attaquer dĂ©sormais au Congrès Mondial Amazigh, organisation qui ne le concerne pourtant ni de près ni de loin. Que M. Abrika nous dise plutĂ´t comment faire en sorte que la justice condamne les criminels qui ont endeuillĂ© la Kabylie durant le printemps noir de 2001, pour qu’enfin les victimes, leurs parents et proches puissent retrouver la paix de leur âme. Qu’il nous dise comment faire face Ă  la politique de la terre brĂ»lĂ©e (dans tous les sens du terme) employĂ©e par le pouvoir algĂ©rien en Kabylie, etc...

En tout Ă©tat de cause, ce qui est essentiel pour nous, c’est la prĂ©servation de l’indĂ©pendance du CMA et donc de sa crĂ©dibilitĂ© tant auprès du mouvement amazigh que des instances internationales et de nos amis et partenaires Ă©trangers. Or avec le trio Raha-Abrika-Moussaoui, c’est l’assurance de la fin d’un Congrès Mondial Amazigh indĂ©pendant et intransigeant sur le respect des droits du peuple amazigh. M. Abrika ne se cache mĂŞme pas d’être le collaborateur de M. Ouyahya, chef du gouvernement algĂ©rien et les principaux soutiens de M. Raha au Maroc, sont membres du Conseil d’Administration de l’Ircam ainsi que des personnes qui espèrent un jour ĂŞtre appelĂ©es Ă  siĂ©ger au sein de cet Institut. Rappelons Ă  ce propos que l’hostilitĂ© d’un certain nombre d’administrateurs de l’Ircam envers le CMA et en particulier envers son PrĂ©sident, Belkacem Lounes, a commencĂ© en 2004 lorsque le CMA avait non seulement saluĂ© la dĂ©mission courageuse de 7 membres du Conseil d’Administration de l’Ircam (pour dĂ©noncer les blocages gouvernementaux) mais demandĂ© aux autres membres d’en faire de mĂŞme. Certain-e-s parmi ces dernier-e-s n’avaient pas du tout apprĂ©ciĂ© d’être ainsi interpellĂ©s par le CMA.

Il est Ă©galement important de bien comprendre que ce qui sĂ©pare les instances lĂ©gitimes et lĂ©gales du CMA issues du congrès de Meknès par rapport aux usurpateurs, ce n’est pas une diffĂ©rence d’opinion ou de stratĂ©gie, mais une diffĂ©rence de valeurs. Il s’agit de respect de la dĂ©mocratie pour les uns, contre la mĂ©thode du putsch pour les autres, c’est l’honnĂŞtetĂ© contre le dol, c’est la vĂ©ritĂ© par les faits avĂ©rĂ©s contre les mensonges et les accusations gratuites, c’est la lĂ©gitimitĂ© issue du vote contre l’usurpation, c’est la volontĂ© de construire durablement en respectant les règles (respect des statuts, respect des principes dĂ©mocratiques) contre l’opportunisme. Comment pouvons-nous critiquer les rĂ©gimes antidĂ©mocratiques qui nous gouvernent dans les pays de Tamazgha en ayant recours nous-mĂŞmes aux mĂŞmes mĂ©thodes ?

Nous attirons Ă©galement l’attention sur certains mĂ©dias malveillants (en AlgĂ©rie et au Maroc) et de certains sites internet qui pĂŞchent par excès d’amateurisme, en publiant de manière complaisante, des informations mensongères et diffamatoires. On se demande parfois oĂą se trouve la dĂ©ontologie professionnelle lorsque l’on cautionne l’illĂ©galitĂ© et les coups bas ? Il est essentiel de savoir dĂ©fendre Tamazight, mais proprement, en gardant toujours une place pour la morale. En attendant, nous informons de nouveau l’opinion publique que le rĂ©cepissĂ© brandit par Rachid Raha est illĂ©gal car aussitĂ´t annulĂ© par le rĂ©cepissĂ© dĂ©livrĂ© par la PrĂ©fecture de Paris au nom de Belkacem Lounes, PrĂ©sident Ă©lu. Et afin de mettre un terme Ă  la confusion que tente de semer l’équipe des « pirates », le CMA a portĂ© plainte contre eux, pour usurpation de qualitĂ© et faux et usage de faux.

D’une manière gĂ©nĂ©rale, les actes de dĂ©stabilisation du CMA doivent nous pousser toutes et tous Ă  la rĂ©flexion, notamment sur la capacitĂ© des Amazighs Ă  rĂ©ussir individuellement et leur inaptitude Ă  se rĂ©aliser collectivement. Comment prĂ©tendre appartenir au monde civilisĂ© en acceptant des comportements de rĂ©publiques bananières ? Peut-on s’émanciper sans respecter les mĂŞmes règles et la mĂŞme rigueur pratiquĂ©es par les nations dĂ©veloppĂ©es ?

Autant de questions fondamentales parmi d’autres, auxquelles nous devons chercher des réponses pour pouvoir aller de l’avant. Pour autant, nous ne désespérons pas, même si le chemin est ardu et semé d’embûches.

Paris, le 14/11/2959 - 26/11/2009

Le Bureau du CMA


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Les commentaires reçus :

  • Halte au projet de dĂ©stabilisation du CMA

    30 novembre 2009, par Thajilvant
  • Halte au projet de dĂ©stabilisation du CMA

    29 novembre 2009, par LURLU BERLU
  • Halte au projet de dĂ©stabilisation du CMA

    29 novembre 2009, par Salima de paris
  • Halte au projet de dĂ©stabilisation du CMA

    29 novembre 2009
  • Halte au projet de dĂ©stabilisation du CMA

    29 novembre 2009, par Taqvaylit Tamazight
  • Belaid et Raha aux ordres de la SM et du Makhzen

    29 novembre 2009, par Malik
    • ArrĂŞtez avec vos rumeurs, les deux CMA se valent : un zĂ©ro arabe !!

      29 novembre 2009, par De Passage
      • ArrĂŞtez avec vos rumeurs, les deux CMA se valent : un zĂ©ro KABYLE !!

        29 novembre 2009
  • Halte au projet de dĂ©stabilisation du CMA

    29 novembre 2009, par Taqvaylit Tamazight
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