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Certains journaux arabes ont récemment relaté dans les détails un accrochage qui a mis ‎en prise une étudiante islamiste revêtue d’un niqab, (sorte de tchador) et le vénérable ‎Cheikh d’Al Azhar, en visite à l’une des classes d’université. Ce dernier avait intimé l’ordre à l’étudiante d’enlever son attirail en sa présence en des termes jugés ‎autoritaires et non islamiques par certains. Le Cheikh motiva la décision de son ukase ‎par le fait que le niqab relevait des us et coutumes et non d’un édit religieux. Ce qui ‎est formellement contesté par certains milieux rigoristes, qui crièrent à la trahison, à ‎l’arbitraire, allant jusqu’à contester son autorité en la manière et d’être à la solde du ‎régime en place. Notre vénérable Cheikh dût essuyer les pires calomnies et ne manqua ‎pas de s’attirer les foudres et les ires des fondamentalistes religieux de tous bords, qui ‎l’accusèrent de tous les maux de la société arabo-musulmane.

Cet incident entre ‎l’étudiante et le vĂ©nĂ©rable Cheikh d’Al Azhar a trouvĂ© des Ă©chos mĂŞme dans les ‎medias europĂ©ens, en particulier anglo-saxons, qui ne manquèrent pas de commenter ‎l’évènement en des termes ironiques sinon amusants. DĂ©sormais, nul ne pourrait ‎s’étonner de ce que les choses en soient arrivĂ©es lĂ . On eĂ»t dit que les musulmans ont ‎perdu tout sens de la mesure, lorsqu’ils se sont jurĂ© de se chamailler pour un bout de tissu, qui a pris des proportions exorbitantes. D’or et dĂ©jĂ , cette affaire ne s’est pas ‎limitĂ©e aux pays arabo-musulmans, mais a gagnĂ© aussi les pays europĂ©ens oĂą rĂ©sident ‎une grande communautĂ© musulmane, qui se voit pointĂ©e du doigt Ă  cause de ce qu’on ‎appelle la « question du foulard ».

Tout être raisonnable admettrait volontiers et ‎aisément que l’habit n’est rien d’autre qu’un moyen pour se protéger des éléments et ‎qu’il peut varier d’une région à une autre selon les conditions climatiques du lieu où vit ‎la personne concernée. Un homme se trouvant sous une latitude boréale ne peut s’habiller de la même façon qu’un autre se trouvant sous les tropiques ou l’équateur et ‎encore moins dans un désert.

Mais hélas, en matière de religion, la logique perd tout ‎son sens chez les maximalistes tenant d’une religion donnée ou plutôt de l’interprétation qu’ils en font, lorsqu’ils s’ingénient à trouver dans les textes sacrés et ‎hadiths ce qui réconfortent leur point de vue, quitte à tomber dans l’équivoque. ‎

L’habit, tel que préconisé par la religion, selon le point de vue religieux, au lieu d’être ‎une protection contre les éléments, devient alors un symbole d’appartenance à un ‎courant particulier ou à une secte donnée. Pour certains(es), il est plus que cela, il est ‎devenu la marque qui différencie le croyant ou la croyante des autres. Sont apparus, ‎récemment, dans le paysage national et même à l’étranger, d’étranges attirails, aussi ‎bien féminins que masculins. Des hommes dans les rues des villes européennes qui ‎sont habillés à la pachtoune et des femmes portant des bourqas ou des tchadors avec ‎des lunettes et des gants, en plein été.

Des petites filles qui sont renvoyĂ©es de l’école, ‎parce que leurs parents persistent Ă  vouloir leur porter le foulard dit islamique, ‎évoquant pour cela la libertĂ© du culte. On est parfois amusĂ© par le comportement des ‎adolescentes musulmanes. Combien de fois, n’ai-je pas vu de jeunes filles habillĂ©es Ă  ‎l’europĂ©enne, portant des pantalons jeans serrĂ©s, qui mettent en valeur leurs attributs ‎fĂ©minins, avec une pointe d’élĂ©gance, mais qui se cachent les cheveux avec un foulard dit islamique. Ce qui fait dire Ă  certains non sans vulgaritĂ©, « qu’elles se cachent la tĂŞte ‎et se dĂ©couvrent le c… ». Je laisse cette image Ă  l’apprĂ©ciation du lecteur.

En fait, si ‎l’essence du commandement religieux à la femme est de faire preuve de pudeur, en pratique on assiste au contraire. Et le foulard est là, en signe d’obédience et de ‎soumission, plus par conformisme que par conviction. L’autre extrême est représentée ‎par une importation saoudienne et étrangère à ces contrées. Combien de fois n’ai-je pas vu, en plusieurs endroits, des femmes de tous âges, couvertes de noir de la tête ‎aux pieds (pour ne pas dire de pieds en cap), et avec des gants – sortes de tchador ou ‎khimar que portent les femmes saoudiennes et celles des pays du Golf - et portant des ‎lunettes noires. Pour ces femmes, le vêtement est signe ostentatoire d’appartenance à ‎une secte donné ou à un courant religieux particulier. Il s’agit là d’une affirmation ‎d’une identité religieuse avec la volonté de l’afficher publiquement.

En somme, il s’agit de faire Ă©tat d’une appartenance Ă  une idĂ©ologie bien dĂ©terminĂ©e, « celle des ‎sources anciennes ». Le haĂŻk de nos mères et grand-mères a Ă©tĂ© Ă©vincĂ© par le nouvel ‎habit fĂ©minin oriental plus conforme aux prescriptions religieuses et donc, selon cette vision, plus musulman. Un observateur averti ne manquera pas de relever que les ‎jeunes femmes qui observent ces règles susdites vivent un paradoxe et des ‎contradictions visibles, tiraillĂ©es entre tradition et modernitĂ©.

Un exemple de ‎tiraillement entre tradition et modernité parmi d’autres est celui que l’on observe sur ‎nos plages, durant les journées chaudes d’été, où l’on observe de jeunes femmes patauger dans la mer, portant des vêtements de ville, qui ne sont pas conçus pour la ‎natation. Une fois le corps mouillé, elles ont l’allure des statues grecques sans ‎toutefois, en avoir le charme hellénique. Un spectacle insolite analogue se présente ‎aussi sur les terrains de sport, où les jeunes filles, voulant s’exercer sont obligées de ‎porter un attirail qui entrave ses mouvements corporels, parce qu’il n’est pas conçu ‎pour le sport.

Le poids du contrĂ´le social et la soumission empĂŞchent toute vellĂ©itĂ© de ‎rĂ©flexion et encore moins de rĂ©bellion. Un jour, en mĂ©ditant sur les chamailles au sujet ‎de la tenue vestimentaire des femmes citadines d’aujourd’hui, feu ma grand-mère, qui ‎comme les femmes amazighes de sa gĂ©nĂ©ration, n’avait connu de son temps que misère ‎et privation, me dit philosophiquement que « le mal est fait Ă  l’esprit, qui se dĂ©range et c’est le corps ‎qui en souffre » Sages paroles. ‎

Mimoun

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La République Kabyle indépendante.

31 juillet 2010

Non content d’avoir colonisĂ© et dĂ©truit notre RĂ©publique. Ils ont effacĂ© ses traces jusque dans nos mĂ©moires. Aujourd’hui, les Kabyles, Chawis indĂ©pendantistes ne rĂ©clament, en rĂ©alitĂ© que le recouvrement d’une souverainetĂ© perdue en lendemain de la conquĂŞte française. Pour atteindre leur objectif ils ne peuvent compter que sur leur volontĂ©, car comme le dĂ©montre cet article et tant d’autre l’ONU est devenue l’organisation des tyrans unis. Pour l’instant nous sommes peu nombreux ou trop silencieux, demain...

Les tout premiers rapports français avec les Kabyles furent commerciaux. En effet, la rĂ©gence d’Alger que la France a conquis produisait peu de denrĂ©es en quantitĂ© suffisante pour pouvoir rĂ©pondre au besoin des troupes du nouvel occupant encore moins de l’ancien. En un mot, la rĂ©gence d’Alger sous autoritĂ© Turque dĂ©pendait presque totalement de la RĂ©publique kabyle voisine, qui produisait des quantitĂ©s considĂ©rables d’huile d’olive, suffisamment de figues, des fruits, lĂ©gumes, agrumes de toutes espèces, d’olives, de cuir, de cire et divers articles artisanaux, possĂ©dait le plus grand cheptel bovin, mouton caprin, etc., de la rĂ©gion. Ces produits prenaient, depuis fort longtemps, le chemin du Levant et de l’Europe. N’en dĂ©plaise aux thĂ©oriciens d’une Kabylie recluse et vivante en autarcie peuplĂ©e de primitifs ignares. Enfin, ce n’est pas le sujet , passant. Pour pouvoir les expĂ©dier vers les centres urbains d’Alger et de Constantine et comme indiquĂ© vers l’Europe et l’Asie.

Les principaux centres d’échanges, voie maritime et d’exportation pour la Kabylie Ă©taient principalement la ville de Vgayeth et son port dont le marchĂ© du jeudi Ă©tait frĂ©quentĂ© par des milliers de Kabyles et en second lieu les ports de Jijel et Dellys.

L’intĂ©rĂŞt français pour Vgayeth fut stimulĂ© après la prise d’Alger. Jadis importante en tant que port d’échange, cette ville cĂ´tière au pied de la montagne Jerjer avait subi un dĂ©clin significatif pendant l’occupation espagnole de 1509 Ă  1555 et retrouva peu Ă  peu son prestige d’autant après leurs dĂ©parts. Sous le duc de Rovigo, commandant en chef de l’armĂ©e française en AlgĂ©rie de dĂ©cembre 1831 Ă  juin 1833, un projet fut Ă©mis d’installer un certain M. Joly comme consul français Ă  Vgayeth dans le but d’établir des relations diplomatiques et commerciales avec la RĂ©publique Kabyle et d’ouvrir le port aux navires français. Selon Pellissier de Reynaud, un officier considĂ©rĂ© comme le mĂ©morialiste le plus notable et le plus fidèle de cette pĂ©riode, qui participa Ă©troitement aux affaires autochtones tout au long des douze ans qu’il passa en dans le territoire français, ce plan Ă©tait bien conçu et aurait pu, avec certaines rĂ©serves, ĂŞtre adoptĂ©. Il Ă©tait possible, croyait-il, aux Français de commercer de façon tout Ă  fait honorable et sur un pied d’égalitĂ© avec la RĂ©publique kabyle, car ses citoyens Ă©taient non seulement un peuple libre et indĂ©pendant, mais des commerçants avisĂ©s et honorables.

Citoyens d’une rĂ©publique sans pouvoir central politique ni militaire, composĂ©e essentiellement de puissantes confĂ©dĂ©rations et petites citĂ©s, chacune jalousement attachĂ©e Ă  son indĂ©pendance et ses prĂ©rogatives. Avec un système judiciaire foncièrement laĂŻque. Le droit kabyle est le fruit d’une activitĂ© profane et sĂ©culaire [...] il est toujours susceptible d’ĂŞtre amendĂ© et d’Ă©voluer au grĂ© des dispositions Ă©dictĂ©es par les assemblĂ©es villageoises.1 dans le tome II le Magistrat et le GĂ©nĂ©ral Ă©crivent L’organisation politique et administrative du peuple Kabyle est une des plus dĂ©mocratiques et en mĂŞme temps, une des plus simples qui se puissent imaginer. Jamais, peut-ĂŞtre, le système de sel-governement n’a Ă©tĂ© mis en pratique d’une manière plus complète et plus radicale ; jamais administration n’a comptĂ© un nombre aussi restreint de fonctionnaires et n’a occasionnĂ© moins de dĂ©penses Ă  ses administrĂ©s. L’idĂ©al du gouvernement libre et Ă  bon marchĂ©, dont nos philosophes cherchent encore la formule Ă  travers mille utopies, est une rĂ©alitĂ© depuis des siècles en Kabylie. LĂ , en effet, le peuple est tout et suffit Ă  tout ; le gouvernement, l’administration, la justice ne coĂ»tent absolument rien Ă  la communautĂ©..

Mais la cupidité et la raison politique...

Après un enthousiasme initial de la part de Rovigo, le projet fut abandonnĂ© et les troupes françaises furent envoyĂ©es conquĂ©rir la ville non sans rencontrĂ© une terrible rĂ©sistance. Huit ans plus tard, Tocqueville dĂ©plora l’incapacitĂ© des Français Ă  sceller des liens diplomatiques, commerciaux avec la RĂ©publique kabyle. Le lieutenant-colonel Picouleau, commandant du port de Jijel, autre important port de la RĂ©publique kabyle, dans le Constantinois, avait dit Ă  Tocqueville qu’il croyait que la ville Ă©tait promise Ă  un grand avenir commercial. Si les Français agissaient avec circonspection et respect des frontières, Jijel pouvait devenir, Ă  l’instar de Vgayeth, un important centre de commerce avec la RĂ©publique kabyle. Tocqueville pensait que les deux villes de Jijel et Vgayeth bordaient une nation nantie d’une population singulière. NĂ©anmoins, il douta que les Français auraient la sagesse de rĂ©pondre aux espĂ©rances de Picouteau en Ă©tablissant des rapports d’égalitĂ© et de partenariat privilĂ©giĂ© avec la RĂ©publique kabyle. En effet, pour la France la colonisation de la Kabylie Ă©tait indispensable pour Ă©liminer un exemple d’un pays indĂ©pendant dans la rĂ©gion, dont les effets ne pourraient que s’avĂ©rer prĂ©judiciables Ă  l’autoritĂ© des Français sur les Arabes.

Entre temps des contacts de nature moins heureuse, c’est-à-dire dans des conditions de guerre, furent établis.

Le premier conflit entre les Français et Kabyles eut lieu Ă  MĂ©dĂ©a en 1831. AĂŻt Zamoun, le chef de la puissante et très ancienne confĂ©dĂ©ration des Flissa (voir ici), infligea de lourdes pertes aux troupes de l’expĂ©dition française. Les Français furent particulièrement frappĂ©s par la prĂ©sence des femmes dans les rangs de l’armĂ©e kabyle. Ce qui souligne l’existence de tendance Ă©galitaire chez ce valeureux peuple, toujours agressĂ© JAMAIS agresseur.

Les Français furent scandalisĂ©s (la bonne blague) lors de la campagne de Vgayeth lorsque plusieurs soldats français furent dĂ©capitĂ©s par les guerriers kabyles le 29 septembre 1833. Les reprĂ©sailles qui s’ensuivirent donnèrent le ton de ce qui semble avoir Ă©tĂ© le dĂ©but d’une sale guerre entre la France et la RĂ©publique kabyle. Les "indignĂ©s" choquĂ©e par le traitement rĂ©servĂ© aux soldats avaient-ils par l’intervention divine qu’ils sont les agresseurs et pĂ©nĂ©traient sur un territoire Ă©tranger qu’ils convoitaient ? S’apprĂŞtaient Ă  occuper par la force et l’expropriation ? Pardon c’Ă©tait pour la bonne cause : civiliser les barbares.

Vgayeth étant tombée aux mains des Français, une administration militaire en bonne et due forme y fut établie. Il s’ensuivit cinq années d’escarmouches au cours desquelles un incident en particulier, l’assassinat de Salomon de Musis, laissa un impact durable. En effet Salomon Musis, chef de bataillon du 2e chasseur d’Afrique était commandant de la ville de Vgayeth. Après avoir été convoqué à une entrevue par une assemblée des Kabyles religieux, celui-ci fut encerclé puis tué avec plusieurs de ses membres de sa suite, cet acte isolé inimaginable en Kabylie où l’honneur, la parole donnée, sont éminemment sacrés, fut commis semble-t-il en représailles à la mort d’un marabout aux mains des Français. Cet acte de “traitrise” dirons-nous et qui ne correspond nullement à l’esprit des Kabyles fut accueilli par les Français avec consternation et selon Pellissier de Reynaud, par l’écrasante majorité des Kabyles avec une horreur apparente.

Que la culpabilitĂ© de cet incident et ceux de mĂŞme nature reviennent aux seuls Kabyles ou Ă  une manipulation orchestrĂ©e par la France ou le clan des religieux, sinon conjointement, leur “traitrise” fut justifiĂ©e comme faisant partie de leur esprit indomptable et prĂ©texte Ă  leur faire la guerre. Pour reprendre l’expression de LapĂ©ne : « [...] Ces agissements reprĂ©sentaient des expressions Ă©nergiques du fait que, de nature insoumise et indĂ©pendante, les Kabyles n’avaient jamais Ă©tĂ© asservis et le seraient jamais ».

En dépit de tous leurs “défauts”, et aussi repoussants ceux-ci fussent-ils, les Kabyles furent considérés comme de redoutables ennemis dont les mouvements devaient être soumis à une étroite surveillance. Un décrit à cette fin plaçant ces derniers sous la juridiction d’un Tamun[2] d’origine kabyle résidant à Alger entra en vigueur le 5 juin 1837. Il fut désormais interdit aux Kabyles de travailler ou de vivre sur le territoire algérien tant qu’ils ne s’étaient pas inscrits sur le registre de Tamun. Six mois plus tard, le maréchal de camp de Castellane suggéra au commandant du Constantinois, le général Négrier, de procéder à un recensement des Kabyles. De Castellane soutenait que si les résultats indiquaient que les Kabyles composaient la moitié de la population s’élevant à 22000 habitants, il fallait les expulser vers leur pays étant donné qu’ils cachaient des armes, ce qui les rendait doublement dangereux.

Au début des années 1840, la surveillance des Kabyles vivant sur le territoire algérien s’avéra insuffisante et le principe que les Français ne seraient vraiment les maitres de l’Algérie que lorsque la Kabylie aurait été colonisée commença à faire son chemin.

Peu disposé au départ à entreprendre la conquête de la République kabyle, Bugeaud amorça le mouvement qui mena à la colonisation finale de la Kabylie, attaquant en 1843 les territoires périphériques. Si les campagnes des années 1840 n’atteignirent pas le but d’ensemble visant la colonisation de la République kabyle, les territoires attaqués avaient été pénétrés et les contacts avec le peuple kabyle s’intensifièrent [3].Cependant, comme devaient s’en apercevoir les troupes aux ordres du général Changarnier, et comme l’a observé Pierre de Castellane dans ses souvenirs qui parurent en feuilleton dans la revue des deux Mondes, la Kabylie était un territoire hostile. Faisant encore plus de victimes que la guerre, la maladie contribua de surcroit à démoraliser un peu plus les troupes.

Les Arabes du Tell ayant Ă©tĂ© promptement soumis, la France put tourner son attention vers la Kabylie qui demeurait une perspective terrifiante dans la mesure oĂą le souvenir de l’énergie avec laquelle les Kabyles avaient repoussĂ© l’armĂ©e française lorsqu’elle avait tentĂ© de s’infiltrer par Vgayeth, Jijel ou SĂ©tif Ă©tait encore prĂ©sent dans toutes les mĂ©moires. Non seulement le territoire Ă©tait inhospitalier, mais c’était Ă©galement le secteur le plus fortement peuplĂ© du Nord Afrique. Il fallait donc une force considĂ©rable pour s’attaquer Ă  ces guerriers fĂ©roces et omniprĂ©sents et viscĂ©ralement attachĂ©s Ă  leur indĂ©pendance.

En dépit de l’opposition considérable rencontrée en France par la conquête de la République kabyle, les arguments en sa faveur étaient tentant on fit observer qu’une fois la conquête achevée, il y aurait des bénéfices de nature stratégique, financière et commerciale appréciables. De plus arguaient-ils les tenants de la guerre contre la Kabylie, la conquête de l’Afrique dépendait de la colonisation ou pas de la République Kabylie. En territoire d’Algérie, l’opinion été aussi divisé entre ceux qui pensaient qu’il valait mieux établir plutôt des relations diplomatique et surtout commerciale avec la République kabyle et ceux qui pensaient que la France ne serait vraiment capable d’assurer ses visées sur le territoire algérien qu’après la colonisation de la Kabylie.

L’idĂ©e qu’un jour la Kabylie serait française commença nĂ©anmoins a faire son chemin. Les trois confĂ©dĂ©rations massĂ©es autour de Dellys en Kabylie centrale, dont la population s’élevait Ă  130.000 habitants furent les premiers Ă  ĂŞtre conquis et considĂ©rĂ©s comme « la tĂŞte de la future Kabylie française ». Arrivait en AlgĂ©rie en dĂ©cembre 1851 Randon considĂ©ra que la colonisation de la Kabylie Ă©tait essentielle pour le prestige et l’honneur de la France et n’est qu’une question de temps. L’assaut final sur la Kabylie du MarĂ©chal en 1857 rĂ©ussit Ă  Ă©puiser la rĂ©sistance kabyle. Passant sur les bombardements aveugles, violes, incendies, vols, exĂ©cution sommaire. Retenant juste la perte de notre indĂ©pendance.

Les campagnes du dĂ©but des annĂ©es 1840 avaient en outre servi Ă  Ă©carter toutes les idĂ©es fausses antĂ©rieures concernant les Kabyles. La pĂ©nĂ©tration finale dans le territoire inconnu de la RĂ©publique kabyle qui avait Ă©tĂ© pendant si longtemps un lieu de mystère et de terreur confirma les impressions qui avaient commencĂ© Ă  naitre au cours des premières opĂ©rations dans la rĂ©gion rĂ©vĂ©lant des populations sĂ©dentaires « calmes, travailleuses, ayant un penchant certain pour les arts et mĂ©tiers, une intelligence, un cĹ“ur solide, un caractère Ă©nergique et confiant ». Dans un rapport sur le sujet, le gĂ©nĂ©ral d’Hautpoul souligne : « la nature sĂ©dentaire des Kabyles les empĂŞcherait de continuer Ă  rĂ©sister. Retenus Ă  leur terre par des villages et citĂ©s aussi construits qu’en France, des domaines parfaitement cultivĂ©s, des manufactures et des centres de production d’armes et de munitions, les Kabyles ne pourraient, Ă  la diffĂ©rence des Arabes, se retirer en fuyant devant la progression des colonnes française ».

Le colon Maffre ajouta Ă  ces rĂ©vĂ©lations son opinion : « les Kabyles Ă©taient sensibles Ă  la civilisation et sincèrement attachĂ©s Ă  l’humain civilisĂ©. Les Kabyles Ă©taient peut-ĂŞtre un ennemi terrifiant et redoutable, mais ils Ă©taient Ă©galement dignes et la conquĂŞte de leur RĂ©publique, aussi pĂ©nible soit-elle, offrait la promesse de liens durables et fructueux avec sa population. » Il ne manquerait Ă  ce monsieur que d’inviter les mots amitiĂ©, fraternitĂ© dans son discours et les âmes sensibles fondraient en larmes.

Tu parles...

La suite ? La France colonisa notre RĂ©publique et celle de nos frère Chawis car eux aussi Ă©taient INDÉPENDANTS et favorisa considĂ©rablement l’arabisation des Mazighes. La France dĂ©ploya des trĂ©sors d’ingĂ©niositĂ© effacer de notre mĂ©moire collective le souvenir de notre indĂ©pendance. Comme le souligne Dda Bessaoud : « la France est de tous les pays du monde celui qui nous est le plus hostile, avec elle en effet nos “Isafen” sont devenus des “oueds”, nos “Idurar”, des “djebels”, nos “ath” et nos “ou”, des “ben” et des “beni” » on peut aussi rajoutĂ© “Tudar” des “douars” etc. Comme l’a aussi si bien dit le grand Dda Ould Slimane Salem compagnon de combat de Dda Bessaoud Ă  l’AcadĂ©mie Mazighe : « la France nous a “beni” ».

Ajoutons que mĂŞme nos hĂ©ros sont mĂ©prisĂ©s par certains de ses hommes d’État. Alors qu’il ne viendrait Ă  l’idĂ©e d’aucun de ses prĂ©sidents d’appeler son chien Ibn Saoud, Abd El Kader, Mamadou, Jean, Mao, ou mĂŞme Boumediene, Jugurtha vivait Ă  l’ÉlysĂ©e du temps de Giscard d’Estaing sous les traits d’un labrador. Ou De Gaule opposait Ă  toute idĂ©e de crĂ©ation d’AcadĂ©mie Mazighe ou mĂŞme d’une simple association des commerçants kabyles, car de telles initiatives gĂŞnaient Ă©normĂ©ment sa politique arabe. Cependant, on ne doit pas perdre de vue que nous avons de nombreux amis sincères en France et beaucoup sont français.

Takfarinas Azwaw.

[1] Hanoteau et Letourneux.

[2] Responsable de tribu.

[3] ExpĂ©dition de la vallĂ©e de l’Ouar-Sens-Cheliff de 1843 ; expĂ©dition Ă  Dellys de 1844 ; 1844-1845, 1846-1847 marquèrent les Ă©tapes initiales de la colonisation de la RĂ©publique Kabyle.


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Les commentaires reçus :

  • La chasse d’eau pour remplacer la pompe Ă  essence

    9 août 2010, par Antimahomerde
  • La RĂ©publique Kabyle indĂ©pendante

    8 août 2010, par ApulĂ©e
  • La RĂ©publique Kabyle indĂ©pendante. Renseignement.

    6 août 2010, par takfarinas
  • Je viens de finir une enquĂŞte sur tous les responsables Ă  l’universitĂ© Mouloud MAMMERI de TO, Tous sont marabouts !

    6 août 2010, par Antiaraboislamozombies
    • Je viens de finir une enquĂŞte sur tous les responsables Ă  l’universitĂ© Mouloud MAMMERI de TO, Tous sont marabouts !

      6 août 2010, par takfarinas
  • Chants de guerre des femmes kabyles !

    3 août 2010, par Sentinelle
  • .Hudson Institute New York / l’Occidenatle Interview d’Areáş“qi At Ḥemmuc, Ministre des Relations Internationales Kabyles

    1er août 2010, par Antimahomerde
  • La RĂ©publique Kabyle indĂ©pendante.

    1er août 2010, par Saga des GĂ©meaux
  • Les Chaouis ou Chawis (Icawiyen) sont un peuple berbère d’AlgĂ©rie.

    1er août 2010, par Aqvayli Uneqvilara
  • OĂą va la Kabylie ?

    1er août 2010, par Aqvayli Uneqvilara
  • La RĂ©publique Chaoui indĂ©pendante.

    31 juillet 2010, par Apulée
    • Ce qu’a fait le colonialisme terroriste et genocidiare mahometan des Chawis !

      31 juillet 2010, par Apulée
      • Pour la fin du colonialisme terroriste et genocidiare mahometan contre le peuple Chawi !

        1er août 2010, par Aqvayli Achawi
  • La RĂ©publique Kabyle indĂ©pendante.

    31 juillet 2010, par hand
  • La RĂ©publique Kabyle indĂ©pendante.

    31 juillet 2010, par takfarinas

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